Le Sacre du Tympan - La Grande Ouverture

28/06/2009

Par Christophe Manhès

Label: Atmosphériques

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Jeu de musiciens, jeu de vilains, ce house band, ainsi peut-on le nommer, dont l’origine remonte aux fameux labels Stax et Motown, a toujours eu un droit naturel à la libre impertinence. C’est un joyeux drille tenté par l’humour et la frime décalée que lui assurent la puissance de feu de son orchestre et une aptitude étonnante à user des influences les plus variées. Autant dire que la morosité lui est aussi étrangère que le foisonnement lui est constitutif. D’ailleurs, ne comptez pas sur Le Sacre du Tympan, mené par le brillant compositeur français Fred Pallem, pour déroger à cette merveilleuse et vielle tradition. Bien au contraire.

Composé de dix-sept musiciens en grande parti issus du département jazz du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, cette formation se révèle donc être une véritable Ferrari. Entre musiciens ultra-compétents et brochette de guests (Sanseverino, Matthieu Chedid, Sébastien Tellier, Alice Lewis, etc.) son moteur a de quoi vrombir ; et il ne s’en prive pas. A ces vertus héréditaires s’ajoute un plaisir de jouer évident et des qualités d’arrangement comme de production à faire pâlir de jalousie Trey Spruance des Secret Chiefs 3. C’est à se demander si cette musique ne détient pas la recette miracle pour séduire l’amateur exigent de cocktails excentriques autant que la ménagère de plus de cinquante ans ! La classe quoi.

Un big band détonant qui, une fois de plus avec cet album, ne facilite pas l’analyse exhaustive de tout son éclat. Pourtant, au regard de l’album précédent, le brillant Le Retour ! publié en 2005, son successeur s’avère quelque peu décevant. Quand bien même le feu d’artifice a légèrement perdu de son étincelle, il n’en est pas moins rehaussé pour la première fois de voix toutes irréprochables (avec une mention spéciale à Marcel Hanche sur « Une épitaphe »). Moins homogène, plus consensuel, il manque certainement à ce disque la folie débridée de son aîné. Peu importe, exercice transversal vivifiant, ce Sacre du Tympan est plutôt bien nommé et mérite de s’installer durablement dans le paysage musical hexagonal.