Gnostic - Engineering the Rule

28/06/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Season of Mist

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Après avoir quitté Atheist en 1992 et composé deux albums aujourd’hui cultes que sont Piece of Time (1990) et Unquestionable Presence (1991), le batteur Steve Flynn s’est mis à l’écart de la musique. Après une douzaine d’années d’inexistence, c’est en 2005 que l’envie de travailler à nouveau dans le milieu se fait pressante. La rencontre avec deux musiciens l’encourage à sortir deux démos successives. L’heure est donc à goûter la première ostie, fruit de cette collaboration signé chez la maison de disques Season of Mist, auprès de laquelle Atheist pourrait éventuellement bénéficier de la sortie prochainement de sa future progéniture.

Comment se figurer à présent que Gnostic et Atheist sont actuellement et ne font quasiment qu’un, alors que l’un vient de naître et que l’autre se réforme, sans oublier que es deux groupes tourneront ensemble tout l’été ? Il faut se faire à l’idée que Dieu est partout (sic)… Steve Flynn s’est rapproché de Kelly Shaeffer, a introduit Jonathan Thompson (ce jeune homme de vingt-quatre ans officiant à la basse avec le premier et la guitare chez le second) et Chris Carson à la guitare. Le parallèle est intéressant à dresser tant il est difficile de ne pas être soufflé par le jeu impressionnant de la formation à l’écoute de Engineering the Rule où prédomine cette rigueur hallucinante et naturelle dont font preuve les Américains.

La puissante production n’a rien à envier aux nouveaux procédés de conception du son, bien souvent froids et synthétiques, tout comme les riffs dévastateurs qui replonge l’auditeur à la grande période du thrash et du death metal. Les sonorités métalliques du début des années qatre-vingt-dix rappellent les débuts de Death, mais également ceux de Watchtower dans un univers plus extrême. Le chant particulier, rythmé, original, oscillant entre le « growl » et le crié strident de Kevin Freeman, adhère efficacement à la musique. L’album s’avère dense, voire copieux et son caractère violent – brutal n’étant pas le terme juste –, réussit à infliger une série étonnante d’uppercuts en plein face.

Gnostic ne réussira probablement pas à détrôner Atheist, ce n’est certainement pas la volonté de Steve Flynn car cet album n’a pu bénéficié du temps de maturation d’un Piece of Time. Pourtant, il en résulte une force indéniable et techniquement irréprochable de part sa grande particularité dans ce travail d’authenticité stylistique. L’auditeur est ainsi ramené à l’essence même du death metal technique comme l’ont conçus ses précurseurs sans paraître daté ou obsolète. Il ne leur reste désormais plus qu’à prouver à l’avenir leur désir plus marqué d’innovation et cette envie d’aller toujours plus join.