Kevin Ayers - What More Can I Say...

18/06/2009

Par Christophe Gigon

Label: Reel Recordings / Orkhestra

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Outre avoir fait connaître Mike Oldfield (présent à la basse sur « Crying »), Kevin Ayers,reste évidemment connu pour avoir été, entre autres, le bassiste du mythique Soft Machine sur leur premier album en 1968 (il sera remplaçé par feu Hugh Hopper). Depuis la fin des années soixante, ce ne sont pas moins d’une quinzaine de disques qui auront vu le jour. Si les premières productions du multi-instrumentiste ont obtenu un certain succès (Joy of a Toy en 1969 ou Whatevershebringswesing en 1972, tous deux parus sur le légendaire label Harvest qui héberge alors également Pink Floyd et Neil Young), la carrière du bonhomme se fit ensuite plus discrète, ponctuée de rencontres avec ses pairs musiciens comme Robert Wyatt (Soft Machine) ou David Aellen (Gong).

La musique que le grand blond propose reste simple et teintée de mélancolie agrémentée de petites touches psychédéliques, même si sa voix grave lui permet de donner un côté « crooner » à l’ensemble. Une sorte de Dick Annegarn britannique en quelque sorte. What More Can I Say… n’apparaît donc pas comme véritablement représentatif du travail de ce musicien polyvalent. Il s’agit plutôt de vieilles bandes magnétiques datant de 1970, contenant des démos enregistrées par Kevin et quelques acolytes (Mike Oldfield, David Bedford, Robert Wyatt) à la maison. Ces « bricolages sonores », bruts de décoffrage, s’ils ne combleront pas l’audiophile autiste adepte du 5.1, rendront heureux tous les nostalgiques de cette époque dorée, où être musicien ne signifiait pas forcément être informaticien. A l’instar de la discographie pléthorique d’un Peter Hammill, cette collection d’ « empreintes » musicales raviront les amateurs de « musique réelle », même avec du souffle. Surtout avec du souffle.