Fantasmagoria - Day and Night

17/06/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Musea

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Petit message à la rédaction et à notre bien aimé comité de rédaction, autrement appelé Politbüro : il serait temps, tout de même, qu’on se penche avec une attention non feinte sur le progressif nippon, parce que cette douce contrée recelle son lot de surprises musicales. Fantasmagoria en est une. L’histoire est belle et simple : la jeune Miki Fujimoto, violoniste patentée, s’est mise en tête de produire, à l’aide de quelques comparses, onze parties instrumentales, puisant leurs racines dans la veine la plus classique qui soit et se déchaînant vers des parties presqu’improvisées, matinées de jazz, de jazz rock et de fusion, qui rendent le produit agréable, à défaut d’être immédiatement accessible.

Fantasmagoria a apparemment brillé lors du désormais fameux Baja Prog de 2005 et ont même osé une petite incursion au Prog’Sud il y a deux ans. Ce disque s’écoute comme un gourmet dégustera un millefeuille, tranche après tranche. Une nappe très classique, sans emphase, où le violon règne en maître, des rythmes plus effrénés qui viennent le seconder, des parties totalement dégingandées et échevelées qui font virevolter sans la moindre once d’ennui.

Certes, cette musique ne s’apprivoise pas facilement, pis, elle peut avoir des côtés rebutants. Ainsi, on perçoit finalement assez peu de cassures dans les rythmes et les lignes mélodiques, et certains auditeurs plus sévères de ce point de vue risqueraient de s’ennuyer quelque peu. Doit avant tout être saluée la virtuosité de mélomane de cette jeune demoiselle, qui aura tout à gagner à approfondir ses mélodies et à les rendre entraînantes. Espérons que cette joyeuse promesse ne restera pas sans écho, ce groupe en vaut largement la peine.