Magnum - Into the Valley of Moonking

16/06/2009

Par Jérôme Walczak

Label: SPV

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Le Petit Robert est d’une aide non négligeable lorsque le chroniqueur, assailli par la canicule printanière, vient à défaillir. Jetons, si vous le voulez bien, un œil érudit à l’entrée « épique » : « Qui raconte en vers une action héroïque », « qui est mouvementé, plein d’aventures ». Synonymes : homérique, mémorable. Nous reviendrons sur ce dernier point, patience….

Magnum, ce sont sont de sympathiques Anglais qui ont parfaitement digéré les mythes arthuriens et le vernis heroic fantasy les accompagnant. Ils avaient laissé dans leur sillage un précédent album relativement bien accueilli, Princess Alice & The Broken Arrow, un fougueux mélange de heavy metal, d’emphase digne de Meat Loaf et de thématiques où les dragons, les pucelles non effarouchées et les gobelins tricéphales étaient aux commandes. Ils réitèrent, les bougres, avec la même recette, les mêmes ingrédients.

Force est de constater que ce qui donne un charme fou à ce style, autrement dit, « L’Epique », fait ici cruellement défaut. La chose est aussi fade qu’un repas aux chandelles dans un Courtepaille de banlieue. Mouvementé ? Des séries de riffs archi-écoutés, usés jusqu’à la corde, qu’on croirait sortis d’une face B de Scorpions ou d’une bande originale signée Bon Jovi. Plein d’aventures ? Une kyrielle de morceaux se succèdent sans que la cohérence soit au rendez-vous, assortie de la traditionnelle ballade qui arrive au milieu et qui rompt immédiatement le faible fil conducteur qu’on commençait à deviner (« No One Knows his Name » : du grand Europe !). Homérique ? L’insondable vacuité des mélodies rend cet album aussi homérique qu’une assiette de tagliatelles froides.

Que dire ? Non que la chose soit dénuée d’intérêt mais la recette employée ici ne prend pas, n’attise pas. Les explorations techniques et les performances vocales indiscutables de Bob Catley ne parviennent pas à faire oublier le manque patent d’inspiration. Aucun emportement, guère d’envie de trucider du dragon bleu, pas de magie. Simplement, il manque de l’oxygène à ce disque… Une série de musiques attendues au tournant ne peuvent en aucun cas suffire à attiser la curiosité.

Finalement, revenons à l’ultime synonyme : mémorable. Vous aurez vous-même compris que cet album, qui pût être bon venant d’un autre groupe, ne puisse décemment intégrer cette grandiose catégorie, où trône avec force le majestueux Bat Out of Hell II de Meat Loaf, de loin la pierre angulaire de ce style si sympathique. Malheureusement, le genre a besoin de combustible pour être enrichi et pouvoir charmer à nouveau, c’est ce qui aura cette fois manqué à Magnum. Pardonnez-leur…