Soft Heap - Al Dente

15/06/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Reel Recordings / Orkhestra

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A l’instar de U.K., Soft Heap fut à la fin des années soixante-dix le super groupe de la scène Canterbury, formé de deux membres de Soft Machine et deux membres de National Health. Ce casting de rêve n’a cependant publié qu’un seul album éponyme en 1978, lourde déception pour les fans qui attendaient davantage. Trente longues années plus tard, Al Dente montre à quel point cette collaboration manqua complètement le coche à l’époque.

Fruit du hasard et de la passion d’un passionné nommé Roy Wilbraham, ce disque live est issu d’un enregistrement bobine à bobine d’époque qui représente une pièce importante en terme de témoignage matériel, aucunement en terme de qualité artistique. Ce ne sont pourtant pas moins de quatre musiciens talentueux, Hugh Hopper, Elton Dean, Alan Gowen et Pip Pyle qui jouent ensemble sur la même scène du Phoenix Club de London ! Au grand dam des amateurs de ce quatuor d’un soir, pas une montée d’adrénaline, pas un frisson à l’horizon. Soft Heap sert une musique soporifique, un mauvais jazz d’ascenseur, ambiant, pseudo improvisé, si l’on excepte le fameux « Circle Line » composé par Hugh Hopper, premier titre du seul et unique album du groupe et l’énergique « One for Lee » d’Elton Dean. Le reste s’avère long, fastidieux et sans saveur.

Aujourd’hui tous disparus [NdlR : Hugh Hopper, atteint de leucémie, est tristement décédé le 08 juin 2009], ce nouvel hommage en concert de la formation permet de se remémorer un moment de la carrière de ces musiciens qui nous ont fait rêver à un instant « t ». Cette production peine à reflèter la véritable image du Canterbury et confond l’auditeur dans un ersatz inutile et ennuyeux. Le titre Al Dente ne résume en aucun cas le véritable contenu de ce disque-témoin pourtant magnifiquement enregistré pour un pirate d’époque. Il aurait plutôt fallu l’appeler Freddo, lungo e insapore