Mindflower - Little Enchanted Void

03/06/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Musea

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Ces Italiens ont consacré ces six dernières années à l’écriture et la composition de ce troisième album. Le résultat, publié chez Musea, est pour le moins déconcertant. La musique revendiquée ici est conforme à l’archétype du néo-progressif : un long concept relatant les pérégrinations d’un curieux ectoplasme fait d’ombres et de lumières, une débauche instrumentale savoureuse avec notamment quelques parties au violon réellement entêtantes, des compositions et des mélodies très accessibles qui laissent de bien jolis souvenirs en mémoire et qui ne cessent de trotter dans nos petites têtes, un style hybride à mi-chemin entre Genesis et La Maschera Di Cera. L’ensemble est enrobé dans une gangue très classique, assez intimiste et séduisante. Le piano, le violon, les élans vocaux rappellent (ou plutôt imitent) Peter Gabriel, et ajoutent à ce labeur un charme évident sur lequel le dédain et l’indifférence ne trouvent guère de prises. Un disque qui se savoure allègrement mais donc le travail d’orfèvre, qui n’est pas totalement étranger à Ayreon (du point de vue émotionnel), souffre malheureusement d’une carence dans la recherche de transitions et de structures. Cet album n’incarne pas le progressif dans le sens évolutif du terme, car chaque pièce est invariablement unique, si bien qu’aucune unité ne se dégage véritablement de l’ensemble, notamment durant la seconde partie qui taille davantage un costume à Arlequin fait de patchworks multicolores que d’enjoindre l’auditeur sur une autoroute de plaisir. Un effort dans la production aurait été bienvenu, remettre quelques pistes en ordre et les multiples atours en auraient décuplé le potentiel d’écriture.