Abacab - Mal de terre

03/06/2009

Par Christophe Gigon

Label: Musea

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La musique de ce groupe français n’a que très peu à voir avec celle que Genesis pratiquait sur leur célèbre album homonyme du début des années quatre-vingt. S’il s’agit bien de rock progressif classique, ce second disque de la formation de Lens lorgne ostensiblement vers un metal progressif raffiné comme aiment à le proposer les excellents Nemo ou, pour citer le fer de lance du mouvement, Dream Theater. Le chant en français fait irrémédiablement penser à Ange, Mona Lisa ou les plus (ou moins) récents Galaad et Ex Vagus. Les treize titres qui constituent ce Mal de terre au titre malin forment un récit conceptuel nous contant par le menu les transformations radicales que notre société de déshumanisation et de cyberculture vit actuellement. Les textes, assez candides au demeurant, exposent clairement et sans souci de surréalisme ou de métaphores les us et coutumes de notre humanité postmoderne. De nombreux effets sonores intelligemment insérés à l’ensemble confèrent ainsi un léger côté rappelant Pink Floyd bienvenu. Certes, le chanteur ne possède pas le charisme ni la puissance d’un Christian Décamps (Ange) ou d’un Pierre-Yves Theurillat (Galaad). Il sait néanmoins s’acquitter de son rôle admirablement. Son timbre, proche de celui de Jacques Higelin, se marie avec soin à la transparence des propos tenus par la formation. Si la production a forcément à rougir d’une comparaison avec leurs compatriotes sus-cités, Abacab parvient à tirer son épingle du jeu sans jamais sombrer dans les vases nauséabondes d’une production progressive franchouillarde que leur label Musea ne s’est pourtant jamais contraint de canaliser. La suite pourrait s’avérer prometteuse. Affaire à suivre.