Winterborn - Farewell to Saints

28/05/2009

Par Marjorie Alias

Label: Massacre Records

Site:

« Le groupe de heavy metal le plus froid de Finlande ». Ainsi s’autoproclame le bien nommé Winterborn, qui propose aujourd’hui et après quelques contretemps un second album studio, donnant suite à Cold Reality sorti en 2006. Pour ce qui est du chant lexical, on fera difficilement plus orienté, mais en sera-t-il de même pour leur musique ?

Coté formation, la stabilité des membres a connu quelque défaillances après leur premier essai. Bassiste et batteur originels ont respectivement laissé place à Pasi Kauppinen et Lauri Bexar. En mars 2008, le second guitariste Antti Okkala vient s’ajouter aux trois membres restants (Teemu Koskela au chant, Pasi Vapola à la guitare et Jukka Hanninen aux claviers), complétant ainsi le tout nouveau line up. Ces turbulences n’ont peut-être aucun lien avec la sortie tardive de Farewell to Saints en Europe, bien que cet album aura su se faire désirer.

S’il est question de retrouver un heavy-metal glacial, l’auditeur se rendra vite compte que les phrases d’accroche ne sont décidemment présentes que pour l’effet de style. Attention, nulle déception dans cet état de fait. Au contraire, l’album annonce d’entrée plus de chaleur et de puissance que ce à quoi on pourrait s’attendre ; et l’écoute des onze titres proposés ne fera pas baisser du moindre degré la température. Bien que puisant largement dans le heavy-metal, les compositions possèdent une profondeur et surtout une certaine gravité qui fait souvent défaut aux formations typiques venues du froid. Winterborn réussit donc à imposer une atmosphère particulière, qui oscille entre impression de pouvoir et de mélancolie, qui mixe grande technicité instrumentale avec suffisamment de sentiments et de présence. Le chant, assez remarquable, est maîtrisé et exploité intelligemment, même s’il n’échappe pas totalement à certains clichés du genre. Il s’entoure néanmoins avec succès et finesse de chœurs qui viennent enrichir l’ensemble sans s’imposer systématiquement.

A l’écoute de l’album, il est indéniable que les musiciens ont cette grande volonté de convaincre. De vrais bons moments d’inspirations viennent éclipser les quelques maladresses et le petit manque d’originalité qui s’immisce par moments. A défaut de faire claquer des dents, Winterborn pourrait bien provoquer quelques légers frissons…