KTU - Quiver

26/05/2009

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: RockAdillo Records

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Après un premier essai live remarqué, 8 Armed Monkey (2005), KTU (prononcer en anglais K2) présente son premier album studio avec Quiver, perdant au passage l’un de ses membres éminents, Samuli Kosminen, parti sous d’autres cieux, pour ne laisser que le trio actuel. En fait de trio, il s’agit plutôt d’un power trio avec la section rythmique de luxe qu’on ne présente plus, Pat Beat Machine Mastelotto et Trey Warr Ensemble Gunn, samouraïs bien connus de la galaxie King Crimson, et l’accordéoniste fou, avant-gardiste, et finlandais de surcroît, Kimmo Pohjonen.

Si 8 Armed Monkey, avec ses cinq grandes improvisations, en avait étonné plus d’un par son aspect rugueux et radical, Quiver revient à un propos plus structuré et mélodique, sans perdre pour autant l’intérêt que dégage l’ensemble, bien au contraire ! L’ombre de The Power to Believe (2003) plane sournoisement sur tout l’album, dans ses explosions, dans ses passages plus apaisés et aussi dans ses tensions telluriques, propres à la machinerie frippienne. Précisons que cette influence reste diffuse, jamais explicite, tout juste évoquée, qu’elle se fait ombre, tel un insecte prédateur qui vole sur sa proie, à l’image de la superbe libellule qui orne la pochette.

Si la paire des tueurs empourprés se met particulièrement en évidence sur les titres les plus enlevés, à l’instar des définitifs « Kataklasm », une sorte de « Level Five » ayant ingurgité du RIO, ou « Miasma » à la rythmique pachydermique enluminée par les interventions de Kimmo Pohjonen, ce dernier montre toute la finesse de son instrument sur des pièces plus éthérées comme le sublime « Wasabi Fields » au thème inoubliable. Alternant des titres rappelant le Crimson des années quatre-vingt (« Jacaranda »), le Rock in Opposition (« Quiver ») et le Magma version « De Futura » (la superbe progression de « Purga » et ses voix d’outre-tombe), Quiver bénéficie en outre d’une production très moderne, à la fois souple et puissante, peut-être trop lisse parfois.

Kimmo Pohjonen et ses deux cerbères aux mâchoires d’acier livrent avec Quiver une musique enthousiamante, mêlant diverses influences dans un jaillissement original, toujours très mélodique, et qui ne perd pas son temps en expérimentation inutile. L’inclusion de l’accordéon dans un environnement rock aboutit à des résultats étonnants. Un disque réellement addictif.