Aeon Zen - A Mind's Portrait

13/05/2009

Par Marjorie Alias

Label: Time Divide Records

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Ce nom ne vous dit certainement pas grand-chose pour le moment, mais il est probable que le duo qui se cache derrière Aeon Zen devienne moins confidentiel après ce premier album. Les deux jeunes têtes pensantes qui ont uni leurs idées et leurs talents de musiciens ici n’en sont pas à leur premiers essais, puisqu’ils composent ensemble depuis déjà quelques années. C’est aujourd’hui qu’ils concrétisent leur travail en proposant A Mind’s Portrait.

Un nom d’album qui se révèle plutôt adapté, lorsqu’on écoute cette heure de musique qui se montre pour le moins riche en inspirations et orientations diverses. Mais avant de s’attaquer au fond, parlons déjà de la forme. Pour réussir le passage des premières idées musicales à leur mise en forme réelle, il faut du monde, et du beau linge si possible. Les Britanniques ne se sont rien refusé et ont réussi le joli coup de s’entourer d’invités de choix. Pour le chant, ce n’est donc pas moins de six vocalistes qui sont venus prêter main forte à Richard Hinks et Lloyd Musto, qui se chargent respectivement de la guitare, basse et claviers pour le premier, de la batterie pour le second, tout en participant eux-mêmes aux voix. Avoir du renfort c’est bien, mais lorsqu’il s’agit d’Andi Kravljaca (Silent Call), Matt Shepherd (Timefall), Nils K. Rue (Pagan’s Mind), Andreas Novak (Novak / Mind’s Eye), Cristian Van Schuerbeck (All Too Human) et Elyes Bouchoucha (Myrath), c’est peut-être encore mieux…

Peut-être, car s’il est souvent enrichissant de multiplier les inspirations, ce même effet peut vite s’avérer déroutant, voire fatiguant pour un auditeur qui fait à peine connaissance avec les compositions d’un nouveau groupe, d’autant plus lorsqu’il s’agit de leur premier album. L’auditeur en mal de repères et d’univers suffisamment ancré risque de ne pas adhérer facilement ou de quitter le navire un peu tôt. Dans le cas présent, les morceaux, de qualité inégale auront tendance à se disperser. Après un premier titre puissant sans pour autant imposer une véritable identité, chacun des morceaux révélera son lot de bonnes et mauvaises surprises, usant quelque fois de beaucoup de clichés du genre finalement un peu fourre-tout de « metal progressif ».

On devra en ce sens parfois passer outre des mélodies manquant cruellement de fraîcheur pour en apprécier la qualité d’interprétation, ou encore dépasser certaines constructions finalement convenues et moments dispensables pour se délecter de la maîtrise technique des instruments. En somme, Aeon Zen souffre paradoxalement des défauts de ses qualités, donnant l’impression qu’ils ont voulu réaliser une opération séduction avec un album qui ne manque ni d’idées, ni d’enthousiasme, mais qui peine à convaincre de bout en bout.

Un peu comme ce premier rendez-vous où vous déployez des trésors d’ingéniosité pour donner la meilleure image de vous possible, n’hésitant pas à demander conseils auprès de pairs plus expérimentés mais perdant au final pas mal de spontanéité et de charme. Nul doute que ce premier essai mérite d’être écouté et ré-écouté pour en découvrir toutes les qualités. Vous finirez sûrement par attendre impatiemment un nouveau rendez-vous.