Credo - This is What We Do (DVD)

08/05/2009

Par Jean-Philippe Haas

Label: Metal Mind Productions

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Credo, c’est un chant liturgique ou une chanson de Fish. Mais il y a fort à parier que peu connaissent le groupe anglais de rock néo-progressif, y compris chez les pratiquants traditionalistes du genre. Il faut dire que la régularité de ces messieurs ne joue pas en leur faveur : deux albums séparés par une décennie, Field of Vision en 1994 et Rethoric en 2005. Peut-être quelques rares curieux ont-ils d’ailleurs acquis ce dernier, suite à l’une de ces dithyrambes à l’objectivité toute relative prodiguée par un quelconque fan/webzine ? Résumons : Credo n’est ni plus ni moins qu’un clone de Marillion, époque Fish, mâtiné d’Arena. Autrement dit, l’avant-gardisme ne fait pas partie de leur vocabulaire.

Toujours est-il qu’en soutien d’un concert de Pendragon le 13 octobre 2008, les Britanniques se voient offrir la possibilité d’enregistrer leur prestation dans le désormais célèbre Teatr Śląski à Katowice, Pologne. Au menu, un concert d’une heure trois quarts, qui voit Field of Vision expédié sous la forme d’un medley géant reprenant quelques-uns de ses principaux passages, Rethoric joué dans son intégralité, et un nouveau titre, « Round and Round », annoncer… le même vide musical pour le prochain album.

Mark Colton débute le concert avec fébrilité, et on le comprend : aurait-il imaginé que son groupe, troisième couteau du néo-progressif, serait un jour filmé pour un DVD ? Bien que s’améliorant au fil des minutes, son chant reste peu convaincant dans l’ensemble. Ses acolytes, et en particulier le guitariste Tim Birrell, font preuve quant à eux d’un charisme hors-norme, bien en-deçà de celui d’un oursin autiste. Malgré les efforts de Colton pour communiquer son « enthousiasme », la prestation reste assez quelconque, carrée mais sans saveur. Il faut attendre le rappel pour voir la formation et le public s’emballer quelque peu. Tous les poncifs du néo-progressif auront ainsi été passés en revue, y compris les solos, duels et autres unissons Moog/guitare sur des passages instrumentaux mille fois entendus, le tout plombé par un bassiste inexistant, un batteur robotisé de l’école Mick Pointer, et des paroles « profondes »… profondément indigentes.

Les bonus, de par leur nature, sont encore bien plus dispensables qu’un concert qui nous aura déjà très moyennement tenu en haleine. Seule la qualité de réalisation de Metal Mind Productions sauve les meubles. L’expérience à présent conséquente de l’équipe polonaise permet à n’importe quel groupe, aussi insignifiant soit-il, de bénéficier d’un beau produit fini, avec une mise en image et un rendu sonore irréprochables la plupart du temps. Mais à quoi peut bien servir un son 5.1 sur un concert pareil ? Un bel emballage pour un contenu besogneux.