Gavin Harrison & 05ric - Circles

05/05/2009

Par Dan Tordjman

Label: Squatter Madras

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Gavin Harrison est un bourreau de travail. En allant plus loin, le clin d’œil de John Lennon et son célèbre «  Working Class Hero  » ne serait pas usurpé. Car non content de battre le rythme avec Porcupine Tree, il a également fait voltiger ses baguettes sur la dernière tournée nord-américaine de King Crismon et dernièrement sur le troisième album de OSI. Rappelons qu’il s’illustrait aussi, il y a un peu plus d’un an, avec son acolyte alors inconnu, le dénommé 05Ric. Leur première mouture, Drop, avait alors étonné en ayant réussi à faire cohabiter finesse et subtilité d’un coté, technique et mesures impaires de l’autre. Dés lors, on sait – en théorie – à quoi s’attendre au moment de prendre en main Circles.

Si les attentes sont en grande partie au rendez-vous, le duo réserve néanmoins quelques agréables surprises. Ainsi, le chant de 05Ric, dont le placement fait ouvertement référence à Björk, se révèle plus attrayant que sur le précédent album, qui pour beaucoup désarçonnait. Sa voix chaude et profonde sur des titres comme « Source » ou « Last Call » s’insinue agréablement au sein de structures aussi alambiquées, ce qui relève soit d’un goût prononcé pour le risque et l’aventure, soit d’une tentative de suicide artistique. La première éventualité semble la plus équivoque.

Si Drop instaurait les bases d’une musique riche, complexe – un extrait du quotidien sportif national Bulgare est plus facile à déchiffrer qu’une partition de Gavin Harrison – et paradoxalement mélodique, Circles se démarque davantage par cet accent jazz fusion bien plus prononcé, tout en réitérant la cohésion et le groove qui caractérisent le duo. De très bonne qualité, bien malin qui saura sortir un des titres du lot. Les allusions aux monuments du genre que sont Gordian Knot ou King Crimson parsèment ce nouvel album, qui possède toutefois une plus grande liberté d’écriture et une grande part d’improvisation. La production reste claire et rend justice aux instruments sans fioritures. Du coup, une telle paire d’as ne peut que mettre l’eau à la bouche. Quel sera leur prochain coup de poker ?