Pestilence - Resurrection Macabre

01/05/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Mascot Records

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Alors que les reformations de groupes anthologiques fleurissent à tout va, c’est au tour de Pestilence de réapparaître seize longues années après le mythique Spheres. Le groupe néerlandais faisait partie à l’époque de ceux, comme Cynic dont ils étaient proches, ou encore Atheist avec qui ils ont partagé le bassiste Tony Choy, qui ont su faire évoluer une certaine branche du death metal.

Sous la houlette de Patrick Mameli, le leader depuis 1986, Resurrection Macabre se pose là où on ne l’attendait pas, encore une fois. Jamais les morceaux n’ont été si brutaux, calibrés dans la concision et la répétition. Chaque pièce de ce gros puzzle de quatorze titres est alimentée par deux voire trois riffs au maximum. Ces séquences vont à l’essentiel et lorgnent même vers une certaine simplicité non péjorative en apparence, sans tourner autour du pot, à l’inverse des Allemands d’Obscura par exemple. L’accent est mis ici sur une brutalité élégante et une atmosphère malsaine oppressante, presque démoniaque, dans la veine de Morbid Angel ou Hate Eternal. L’expérimentation au sens large du terme n’a plus sa place dans le grand retour de Pestilence.

Les membres du groupe s’étaient séparés en 1994 pour se diriger vers d’autres projets. Mameli lui, s’était coupé de la musique un temps, s’intéressant au jazz de Chick Corea et autres cadors du genre. Revenu en 2007 chez Mascot Records pour un projet avec Tony Choy et Sean Reinert sous le nom de C-187, le genre était clairement thrash agrémenté d’éléments « groove ». Bizarrement et probablement inconsciemment, cet esprit se retrouve disséminé un peu partout dans Resurrection Macabre, agrémentant des titres rapides, froids et carrés. La voix délibérément mise en avant agresse vivement et les éructations de Mameli peuvent déplaire. Les soli orientés Allan Holdsworth font timidement leur apparition mais présentent cependant un caractère envoûtant. L’Américain Tony Choy, quant à lui, n’est pas utilisé à sa juste valeur et c’est bien regrettable. Le batteur Suédois de Darkane Peter Wildoer fait un travail remarquable et digeste. Pour finir, massive, solide et naturelle, la production sonne fantastiquement bien, s’avère non caricaturale, portant ainsi plus haut que l’on aurait imaginé ce cinquième album qui se révèle au final un peu trop redondant.

Certes, le côté technique et recherché n’est pas au rendez-vous mais l’âme malsaine du groupe resurgit petit à petit des origines. Dissout trop tôt, Pestilence s’offre ainsi une seconde vie. De plus, le retour de Patrick Uterwijk à la guitare complètera la formation pour la tournée. Si celui-ci n’apparaît pas sur les nouveaux morceaux du disque, il joue cependant sur trois titres réenregistrés provenant des trois premiers albums, offerts en bonus aux fans. Depuis Testimony of the Ancients (1991), les pochettes faisaient figurer cette sphère mystérieuse et c’est à nouveau le cas. Pestilence récupère à bras le corps la signification de son patronyme et maintient sa réputation avec charisme et authenticité, même si Resurrection Macabre n’était pas forcément le disque attendu.