Hacride - Lazarus

14/04/2009

Par Nicolas Soulat

Label: Listenable Records

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Ce nouvel album attendu a-t-il les reins assez solide pour tenir sur la distance face à l’aîné Amoeba plébiscité ? Oui et non. Le groupe étale ici des ambitions musicales avérées et au vu d’une scène metal française où beaucoup de formations se perdent en productions musicales stériles et en débats harmoniques maintes fois discutés, Hacride trouve l’aiguille dans la botte de foin et affirme son caractère mature tout en évitant l’écueil de la redondance stylistique habituelle.

Dans un enchevêtrement maitrisé de guitares acoustiques et distordues, l’auditeur vadrouille entre curiosité et impatience dans un dédale à la tension omniprésente. La subtilité labyrinthique de Lazarus se révèlera progressivement pour celles et ceux qui accepteront de prendre leur temps. Un véritable sacerdoce en somme, tant les amateurs coutumiers de death technique prêchent sans cesse l’attaque frontale propre, rapide et nette. Orienter davantage son prisme auditif qu’à l’accoutumée s’avérera aussi décisif que d’aiguiser son imagination pour entrevoir pleinement l’univers organique et moderne d’Hacride.

La production de Franck Hueso, si elle demeure claire et puissante, ne parvient toutefois pas à illuminer cet édifice à l’esthétique mystérieuse. Le manque d’amplitude discrédite ainsi certaines pièces qui auraient mérités une ascension sonore plus avantageuse et il sera parfois difficile de garder pied tant les sensations s’en trouvent altérées et confinées. Dommage, car les idées originales qui aguichent en premier lieu retombent mollement devant cette volonté pourtant acharnée dont les Français font preuve.

Lazarus trébuche et ne tient pas toutes ses promesses ; il faudra se contenter de l’essentiel en tuant la frustration dans l’oeuf, fermer les yeux et accepter l’indéniable. Néanmoins l’identité du groupe persiste avec hardiesse et s’affiche sans complexe parmi ses pairs. Il reste à contrôler la floraison de tous ces bourgeons qui n’ont pas pu éclore, non pas par manque de talent, mais probablement par excès d’affirmation.