Emile Parisien Quartet - Original Pimpant

14/04/2009

Par Mathieu Carré

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Ils l’ont. Quoi donc ? Justement, le petit plus indéfinissable, le mélange de talent, d’inspiration et de mysticisme qui fait que la musique peut vous faire perdre toute notion des choses. Le quartette d’Emile Parisien possède en lui (en eux ?) cet animal fascinant qu’ils doivent calmer, faire semblant de maitriser avant de se laisser dévorer. Quelque part entre le It de Jack Kerouac après lequel il courut pendant des dizaines de pages sans le définir et le mojo bestial qui domine aussi régulièrement la plupart des hommes, Emile Parisien insuffle à ses acolytes et à sa musique une force supérieure.

Tout part souvent d’une petite idée innocente, un ostinato en porcelaine (« Requiem Titanium »), une mélodie wagnérienne sublime à en pleurer (« Le bel à l’agonie »), ensuite insensiblement la machine se met en branle, les quatre jeunes effrontés braquent le corbillard d’Univers Zero et, entre rock, musique de chambre et jazz, naviguent à vue, improvisent l’instant. L’évolution des morceaux est stupéfiante, toujours cohérente, même si on garde l’impression qu’une multitude d’autres idées auraient pu surgir, un fil invisible et solide semble guider leurs pas. Bien sûr, souvent, la puissance et la fureur finissent par prendre le dessus pour conclure ces circonvolutions d’une flamboyante noirceur. Cependant, même hors de ces moments de frénésie rythmique, on touche presque l’épaisseur de la musique. Gorgé d’histoire et impétueux, acoustique mais moderne, le quartette d’Emile Parisien ouvre de nouvelles perspectives, et accessoirement donne un coup de vieux à bon nombre de préjugés… pour ne pas dire de musiciens. Un autre monde est possible. Yes, We Can !