Talk Talk - Live at Montreux

12/04/2009

Par Christophe Gigon

Label: Eagle Vision

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Groupe mythique duquel il est devenu incontournable de se réclamer, Talk Talk aura influencé pléthore de formations progressives ou de groupes pratiquant une musique mâtinée de new wave ou vaguement post-rock. Steve Hogarth de Marillion ou Jan-Henrik Ohme de Gazpacho, pour ne citer que les plus évidents, doivent presque tout à Mark Hollis. Il suffit d’écouter l’album Afraid of Sunlight (1995) du premier puis, expérience étonnante, de glisser voluptueusement dans la platine le disque Spirit of Eden (1988) des bien-nommés pour s’en convaincre.

Ce qui fascine chez ce « produit typiquement british » parfaitement hors normes reste sa confondante évolution, depuis ses débuts « à la Duran Duran » pour terminer par un véritable mais délicieux suicide musical avec le génial Laughing Stock (1991) qui signera le glas du groupe par la même occasion. La carrière en solo du leader de la formation anglaise poursuivra cette voie épurée et intimiste avec la maestria d’un Robert Wyatt.

En 1986, Talk Talk est à l’apogée de son succès commercial même si le dernier-né en date, The Colour of Spring, offre déjà à l’auditeur attentif les prémisses de la future exigence musicale qui façonnera les compositions du quatuor par la suite. Cet unique passage au célèbre festival helvète constitue ainsi le point d’orgue d’une épopée fulgurante et fascinante.

Très attendus, les musiciens concéderont quelques tubes à leur public déchaîné : « Talk Talk », « Life’s What You Make It », « It’s My Life » et autres « Such a Shame ». La remarquable qualité sonore du document audiovisuel permet d’entendre les germes de cette musique si personnelle et intime qui sera déployée sur les indétrônables deux dernières productions discographiques de 1988 et 1991.

Il faudra naturellement faire fi de l’indigence des tenues vestimentaires des musiciens pour apprécier toute la finesse des arrangements des morceaux les plus ambitieux de ce concert de quatre-vingt-dix minutes. Une performance de haute qualité, qui représente malheureusement un des seuls témoignages de cet excellente « machine à rêver » à sauver de la mélasse des années quatre-vingt.