Galadriel - Calibrated Collision Course

11/04/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Musea

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Onze ans que les Espagnols de Galadriel jouaient du silence radio. Apprendre la sortie de leur quatrième album Calibrated Collision Course, après le brillant Chasing the Dragon et le déjà plus décevant Mindscaper, ne pouvait qu’allécher les babines de l’amateur de néo-progressif. Une longue période qui annonçait la promesse de belles choses, d’innovations et d’ambiances inédites.

Force est de constater que les évolutions attendues ne sont hélas pas au rendez-vous : les sonorités n’ont pour ainsi dire pas bougé d’un iota depuis 1997. Les influences musicales se déploient toujours entre Marillion, Genesis (« Consumer Satisfaction » par exemple, qui rappelera sans trop de complexes The Lamb Lies Down on Broadway) ou les errements sombres et urbains d’Aragon. Un titre se détache cependant du lot : les vingt minutes de « As Big As Band », plage épique aux parties de piano bien agencées et à la voix douceâtre qui ne dépaysera pas l’amateur de Genesis (Trespass).

Les autres morceaux se détachent peu et ne s’imprègnent que légèrement dans la mémoire, suscitant ainsi un intérêt mitigé. Des mélodies sont présentes certes, les grooves sont bien annoncés et développés judicieusement (« Blind Hostage »), les sonorités générales rappellent les années quatre-vingt et les guitares s’en donnent à cœur joie (« Calorie Street »), mais il est peu probable que cette façon de procéder reste dans les esprits.

Un disque qui manque cruellement d’architecture, de construction, de développement et de progression. Il aurait sans doute été judicieux de développer l’excellent «  As Big As Bang  » pour en étayer un concept plus abouti, alors qu’il se termine piteusement, avec quelques notes trop discrètes, et que l’explosion qui serait rageusement venue éreinter les sens avec délectation est simplement aux abonnées absents. C’est raté, c’est dommage.