Univers Zero - Relaps : Archives 1984-1986

10/04/2009

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Cuneiform Records / Orkhestra

Site:

Terrifiant ! Comme d’habitude, serait-on tenté de dire avec Univers Zero, qui une nouvelle fois emmène l’auditeur dans son cauchemar oppressant. Pour l’occasion, Daniel Denis propose quelques pépites provenant des concerts de l’ensemble au cours de la période 1984-1986. Ce que l’on retiendra surtout de l’excellent livret concocté par Aymeric Leroy et Renato Moraes reste le calvaire que représentait pour un tel groupe de trouver un label – par exemple, le mini album Crawling Wind (1983) n’est sorti incognito qu’au Japon avant sa réédition par Cuneiform Records dix-huit ans plus tard – et, pire encore, d’organiser des « tournées ».

Au cours de ce milieu des années quatre-vingt marquées par la new wave, le Top 50 et les clips débiles de MTV, Univers Zero et son Rock in Opposition fait effectivement quelque peu tache. Le lecteur pieu se demandera dès lors s’il n’y a pas une forme de rédemption à publier cette chronique un vendredi saint à propos de la résurrection de bandes sonores, non pas trois jours, mais vingt-trois ans après leur crucifixion.

La matière première de Relaps est formée essentiellement des albums Uzed (1984) et Heatwave (1986). Seule la « Ligne Claire », pièce inachevée (habilement liée avec « Emanation », par ailleurs), est inédite. Autrement dit, il est question ici d’une très haute qualité musicale qui permet également de constater l’évolution du groupe de quintette à septuor avec l’ajout dès 1985 d’un second clavier et d’un guitariste.

Ce changement emmène Univers Zero vers des horizons encore plus variés qu’auparavant, en témoigne cette version apocalyptique d’« Emanations ». Le morceau le plus impressionnant de l’album reste « The Funeral Plain » qui, grâce à une combinaison en plusieurs mouvements en format boléro des cordes, des deux claviers, de la clarinette, de la guitare électrique et de la section rythmique, aboutit à un climax insoutenable avec un déluge de feu à la guitare et un tonnerre de percussions.

Plus rock que lors des années soixante-dix, la musique d’Univers Zero de ladite période 1984-1986 demeure tout autant urgente et essentielle. Maintenue dans l’underground à l’époque en raison d’un environnement hostile, elle résiste au temps avec bravoure et vigueur. Quelle brillante idée que de mettre ces archives à disposition du public. Ainsi soit-il !