Luca Olivieri - La Quarta Dimensione

09/04/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Autoproduction

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Il est des albums à côté desquels il serait vraiment dommage de se promener sans s’y retourner. La Quarta Dimensione est l’un d’eux. Luca Olivieri est un musicien accompli, originaire d’Italie, et qui a choisi de déployer tout son talent aux claviers avec un disque mélancolique, entièrement intrumental, aux mélodies et aux arrangements soignés et originaux. Les différents morceaux qui le composent invitent chaleureusement l’auditeur à voyager, à explorer des petites facettes chamarrées que l’artiste sait restituer avec brio. Ça lorgne parfois vers la fin de soirée pathétique et arrosée avec « Il Sogno di Napo », dont les sonorités rappellent les vertiges et les langueurs des Têtes Raides qui auraient vécu un quart d’heure très pochtron avec Yann Tiersen. Ça rappelle des ballades dans les ruelles de Naples, Ennio Morricone jamais très loin, les chaleurs, les ombres, les regards enfumés (« L’attessa »). L’accordéon et l’orgue de Barbarie assaillent au coin d’une rue (« Baricentro Morale »). Les rythmes sont tantôt sombres, tantôt exubérants. Des références cinématographiques semblent présents en filigrane, de-ci, de-là (« Alibi » et son langoureux menuet, d’où émergent des effluves argentines de tangeros). Au fur et à mesure, tandis que chaque morceau acquiert une véritable autonomie, le disque fait sens : l’auditeur est transporté ailleurs, charmé, dompté et attentif. Cette quatrième dimension s’initie tranquillement dans les tympans. L’amateur de Yann Tiersen, Jean-Pascal Boffo, Astor Piazolla (« Angelina ») ou du très remarqué Brian Malone sera ravi. Cette musique accessible, agréable et parfois hypnotique s’adopte sans le moindre égard et met au jour de belles images. Une vraie réussite.