Metamorphosis - Dark

07/04/2009

Par Christophe Gigon

Label: Galileo Records

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Metamorphosis était initialement le nom donné au projet solo mené par Jean-Pierre Schenk, batteur et claviériste helvète bien connu des milieux progressifs depuis les années soixante-dix. Auteur, compositeur et chanteur de ce qui est devenu aujourd’hui un vrai groupe, le multi-instrumentiste propose sa quatrième production discographique depuis le premier album, After All These Years paru en 2002.

Si les deux premiers disques agréables et très mélodieux péchaient néanmoins par un mimétisme trop appuyé à Pink Floyd, le troisième semblait commencer à affirmer une identité propre grâce, entre autres, à l’apport de deux excellents guitaristes dont l’un fait partie du casting de Dark. Certes, l’héritage de Roger Waters et consorts reste sensible mais se fait toutefois plus discrete, comme un vieil atavisme dont on ne peut (veut) pas vraiment se libérer. La faute au chant dont le timbre se rapproche dangereusement du bassiste anglais aux dents de cheval et aux suites harmoniques très typées. Des bémols qui n’en sont pas vraiment et qui n’ont rien de rédhibitoires tant l’écart qualitatif est grand depuis le remarqué Then All Was Silent (2005).

Le son est plus agressif et la production, même si elle n’égale pas celle d’un Porcupine Tree, reste époustouflante pour un « petit » groupe sans moyens conséquents. Le travail des deux guitaristes, Olivier Guenat et Roger Burri, met en lumière une réelle maîtrise et une finesse rare, menant de facto le projet vers des ambiances plus sombres et résolument plus modernes. La batterie bien appuyée de l’Helvète en chef achève de donner à cet excellent album une assise définitivement contemporaine. La seule concession à un passé non révolu réside dans l’usage de sons vintage à l’instar des claviers Moog. A dire vrai, l’ensemble tend à lorgner insidieusement vers Porcupine Tree ou même Riverside voire Abigail’s Ghost. Dans le genre, cet album constitue toutefois bien plus qu’un simple exercice de style réussi, notamment grâce au chant habité de Jean-Pierre Schenk et aux envolées de guitare magnifiques.

Dark se présente comme l’album le plus abouti de son concepteur et plaira à coup sûr aux amateurs de rock progressif mélodique. Metamorphosis se doit en outre de poursuive son travail identitaire et songer à quitter cette gangue cousue de Pink Floyd / Riverside et affiliés, afin de montrer qu’en Suisse, depuis l’implosion de Galaad, la relève semble assurée. Un très bon disque aux efforts également prodigués sur la magnifique illustration de couverture, qualitativement bien au-dessus de ce que le groupe avait jusqu’alors proposé.