Ethan Brosh - Out of Oblivion

06/04/2009

Par Christophe Gigon

Label: Magna Carta

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La mode des guitaristes virtuoses, rapides et extraterrestres (l’écurie Mike Varney entre autres) n’est que souvenirs. Toutefois, parmi cette masse indigeste, de fins instrumentistes sensibles et inventifs ont tiré leur épingle du jeu (de dupes). Parmi ceux-ci, Joe Satriani et Steve Vai font encore parler d’eux aujourd’hui, même si leurs derniers albums font bien pâle figure face à leurs glorieux aînés des années quatre-vingt. Il semble plus aisé pour un guitariste au XXIe siècle de se faire un nom au sein d’un groupe plutôt que d’évoluer en solo et pratiquer un rock instrumental et masturbatoire. Ethan Brosh est donc parfaitement démodé en proposant la même musique en 2009 que celle qu’on pouvait découvrrir avec bonheur sur l’indétrônable Flying in a Blue Dream de Joe Satriani, publié plus de vingt ans auparavant. On croit rêver ! Notre ami, fan d’Iron Maiden devant l’éternel (ce qui n’arrange pas ses bidons), s’est vautré dans la machine à remonter le temps du Doc Emmett Brown afin de nous offrir cette grosse dizaine de morceaux sans style aucun, néanmoins parfaitement maîtrisés, arrangées et produits. A noter les interventions remarquables à la guitare de George Lynch et Greg Howe. Le producteur d’Angra, Judas Priest et Yngwie Malmsteen, Chris Tsangarides, a mixé cet album, en lui conférant une patte sonore de toute beauté mais ô combien datée. Originalité nulle, ambition absente pour un produit toutefois agréable – car les compositions sont solides et mélodieuses, aucune démonstration stérile de mauvais aloi n’est à déplorer – pour qui ne s’est jamais remis de la claque donnée par Satch pendant son adolescence boutonneuse. Difficile d’évaluer un tel produit, on nage entre deux eaux…