Hai Meirzadh - Straight Circles

18/03/2009

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

Site:

Les grands claviéristes mégalomaniaques de la galaxie progressive n’en ont pas fini d’influencer, aux quatre coins du monde, les jeunes générations éblouies par les débauches électroniques de leurs virtuoses aînés. Hai Meirzadh est très probablement tombé dans la potion analogique lorsqu’il était petit car Straight Circles résonne comme un hommage à quelques-uns des grands groupes « à claviers » comme ELP ou Dream Theater. Ne déléguant que la batterie, l’Israélien parcourt sur ce coup d’essai les genres qui ont donné leurs lettres de noblesses aux synthétiseurs de tout poil, le rock / metal progressif et la fusion jazz. Malgré une musique très influencée, Hai Meirzadh tente pendant une grosse demi-heure de varier les plaisirs, avec des bonheurs divers, il faut bien le reconnaître. Au rang des réussites, on trouve le morceau-titre, qui distribue quelques jolis grooves, entre lesquels s’intercalent judicieusement des moments plus vigoureux. De l’autre côté du mur du bon goût, on trouve le bien nommé – et heureusement très court – « Kid’s Stuff » et ses thèmes sautillants, colorés, bourrés de sons qui oscillent entre le kitsch d’un jeu vidéo du début des années quatre-vingt dix et les pires moments de Jordan Rudess. Le reste de l’album est à l’image de ces deux titres. A cette inconstance de l’inspiration s’ajoutent une production quelque peu trop synthétique, des guitares souvent trop en retrait et une pochette pour le moins hideuse. Mais malgré ces défauts de jeunesse, cette œuvre porte en elle un potentiel tangible : si seulement Hai Meirzadh voulait bien se donner la peine de donner plus d’espace à son piano, de prendre ses aises pour développer ses compositions, comme il le fait d’ailleurs à merveille sur « Happy Nightmare », nul doute que le successeur de Straight Circles pourrait prétendre à davantage d’honneurs.