Artistes divers - Guitars That Ate My Brain

17/03/2009

Par Christophe Gigon

Label: Magna Carta

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Cette compilation de titres instrumentaux n’intéressera pas que les guitaristes en manque de démonstrations stériles, mais également (et surtout) les mélomanes de tous poils ouverts à l’expérimentation et à la recherche de nouvelles textures sonores. Cette collection de douze thèmes a pour seul objectif (largement atteint, du reste) d’honorer la Reine Six-Cordes et ses sujets, tous alliés pour offrir à l’esthète musicien ce panel représentatif optimal à l’heure actuelle en matière de rock instrumental « à guitares ». A signaler que toutes les pistes proposées dans cet « échantillon qualitatif » sont inédites et sauront combler l’amateur le plus exigeant, qu’il soit guitariste ou non.

Et quelle belle brochette de guitaristes ! Pêle-mêle : des membres de Daath, Darkane, Korn, Guns N’Roses, Between the Buried and Me, Testament, Strapping Young Lad, Testament, Megadeth, Darkest Hour ou encore Soilwork. Excusez du peu. Et contrairement à ce que le consommateur blasé aurait pu (à juste titre d’ailleurs) craindre, foin de clones de Joe Satriani, Steve Vai ou autres Yngwie J. Malmsteen. Alors que l’influence de ces trois pontes reste naturellement et sensiblement présente, c’est toutefois en territoires nettement plus progressifs que les producteurs exécutifs (et dirigeants du label américain bien connu Magna Carta) de cet ambitieux projet ont choisi de conduire l’auditeur aventureux.

Les inconditionnels de groupes exigeants comme King Crimson, Cynic, Antidepressive Delivery ou Pain of Salvation devraient y trouver leur bonheur, même si l’ensemble se permet de rester toujours accessible et évite (presque) les excès d’une débauche gratuite de moyens visant à prouver la dextérité du soliste. Il ne faut donc pas craindre de s’essayer à ce déroutant lavage de cerveau aux ambiances aussi diverses qu’étonnantes. Et contrairement à ce que prétend avec ironie l’intitulé de pochette, ce disque ne vous « prendra pas la tête ». Au contraire, il vous ouvrira les portes d’un esthétisme novateur, difficile par instants, mais toujours rigoureux dans son propos. A cet égard, on ne peut que relever le haut niveau qualitatif de l’ensemble à l’instar de quelques pépites sortant du lot, parmi lesquelles la magnifique suite de Eyal Levi et Emil Werstler ou encore « Hydra », interprété par Ola Frenning et Christofer Malmström.

Le spectre de Dream Theater plane toujours sur l’intégralité du disque, bien que les claviers brillent par leur absence. Nonobstant les quelques bémols évoqués, cette réalisation du label progressif new-yorkais, jusqu’alors surtout connu pour nous proposer des albums de fétichistes mal dégrossis de la guitare supersonique (mais qui relève toutefois le niveau par le biais d’excellents groupes tels que Shadow Gallery ou Magellan), a su se surpasser pour nous offrir ce délicieux ovni auditif qui convaincra les plus dubitatifs. Pour public averti néanmoins !