G.Nova - L’écorce sensible

07/03/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Autoproduction

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G.Nova présente ici son premier album et s’affranchit immédiatement des regards hautains et professionnels en assumant pleinement l’orientation de sa musique : la méditation, l’introspection, la détente et la douceur de l’écoute. Ce groupe originaire d’Ile-de-France puise son inspiration dans la musique japonaise (Nobuo Uematsu et Koiji Kondo, compositeurs respectifs des bandes originales de Final Fantasy et de Zelda, par exemple) et inaugure un concept calme, en phase avec la nature, portant sur le cheminement des saisons et les rythmes naturels.

Tout cela ferait de prime abord frémir le lecteur, tant les groupes s’agitant dans le giron de ces musiques oniriques qualifiées un peu trop rapidement et outrancièrement de new age s’apparentent parfois à un grand n’importe quoi nébuleux. Ce n’est pas le cas ici, et saluons l’entreprise. Ce disque s’écoute tranquillement, à l’ombre d’un arbre, sous la couette en bonne compagnie, en sirotant un thé glacé et en regardant les nuages filer, tranquillement et sereinement. Curieusement, et après une nuit entière d’écoute, c’est à Joe Satriani que nous pensons : Flying in a Blue Dream, « Always with You, Always with Me », ainsi qu’à Jean-Pascal Boffo, aux élans méditatifs de Cecilia Eyes ou encore à Jean-Sébastien Bach. La guitare et les claviers sont particulièrement mis en valeur, les rythmes sont lents, et confèrent une certaine monotonie à l’ensemble. Curieusement, cette dernière est un atout de taille. G.Nova nous invite à les suivre, à respecter leur rythme, à ne pas se laisser envahir par la quête perpétuelle et bruitiste de nouvelles sensations musicales lors de chaque nouvelle piste.

Tout est ici indéniablement très cohérent, structuré, homogène, et si la vague impression d’écouter plusieurs fois le même morceau s’agite évidemment dans nos esprits, il n’en demeure pas moins que nous sortons de cette écoute rasséréné, détendu, et que l’entreprise d’évasion a parfaitement bien fonctionné. Le danger serait de reproduire pareil écueil au second album, tant le style est ici marqué et caractéristique. N’anticipons et ne boudons pas notre plaisir, L’écorce sensible est une petite goutte d’eau rafraîchissante auprès de laquelle on ne se lassera pas de se désaltérer…