Domenico Solazzo - Deadend

05/03/2009

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Autoproduction

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Domenico Solazzo est une sorte de Merlin l’Enchanteur comme quand il nettoie la vaisselle. Il joue de tous les instruments dans le désordre : mellotron, ballaphon, basse, claviers, batterie, e-bow, guitare, piano, orgue, samples, shakers, tambourin, sans oublier le chant, bien assuré. Son ami Jacques Duerinckx vient lui donner un coup de main au saxophone. Merlin l’Enchanteur, car outre les instruments, il aborde un nombre incalculable de styles musicaux parfaitement maîtrisés et surtout adaptés à la sauce Solazzo, ceci pour un album somme toute très homogène. D’ailleurs, à leur façon, tous les albums de l’Italo-belge le sont.

« Mr. Kewl » démarre fort, un titre instrumental sur lequel Robert, pardon Domenico, joue quelques « fripperies » à la guitare tandis que Jacques couine dans son sax comme si sa vie en dépendait. L’album fleure déjà bon la réussite. Dans quelle mesure ? L’hurluberlu de Bruxelles brouille sans arrêt les pistes avec son espèce de prog ethno jazzy hip hop technoïde mêlant ambient, pop et electronica (et on en oublie sûrement !). Un des grands moments de Deadend consiste en « Mulunde » qui débute en morceau pop superbement chanté pour se terminer par un mélange du King Crimson de Discipline et celui de Larks’, excellent !

On passera sur le quelque peu inutile « www.help.coma » qui se rapproche par trop des recettes de Tool avec leur œufs pour se laisser bercer par le « Too Many Suns in My Sky » que n’aurait pas renié Robert Wyatt. La suite de l’album est quelque peu en demi teinte, surtout par le fait que sa première moitié est superlative ! On citera toutefois les deux morceaux finaux, « God’s Evil Machinery », ses percussions tribales et son superbe final au saxophone, et l’ambient morbide développé dans « March » avec ses Solazzotronics.

Si tout n’a pas retenu notre attention, force est de constater que Domenico Solazzo ajoute avec cet album une fort belle pierre à son édifice musical qui devient de plus en plus appréciable. Par ailleurs, et c’est le propre de ces disques à la fois exigeants et emplis de prise de risque, il reste probable que celui-ci se bonifiera avec le temps (un Suisse compte en mois). On reparlera très bientôt d’un autre projet (définitivement terminé ?) de Domenico Solazzo, PaNoPTiCoN.