Obscura - Cosmogenesis

02/03/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Relapse Records

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L’espace est infini et les éléments bougent, les choses évoluent ! Voilà une banalité pour signifier que seul Steffen Kummerer, chanteur-guitariste, subsiste de la première mouture Obscura avec Retribution (2004), album conventionnel ne possédant que quelques bons passages. La donne a changé, c’est aujourd’hui accompagné de grosses pointures du death metal qu’il revient pour conquérir tout l’univers !

A la guitare et à la batterie, deux anciens Necrophagist, Christian Muenzner et Hannes Grossman, musiciens hors-pairs, rapides, puissants et énergiques tels des sprinters confirmés. Tandis qu’à la basse, le seul Hollandais parmi ces Allemands, officie le fantastique Jeroen Paul Thesseling. Cette nouvelle orgie musicale représente un summum en matière de death metal technique. La quintessence du style apparaît avec force tout au long de l’album : grandes prouesses techniques, mélodies au-dessus de riffs brutaux, voix tantôt gutturales dans l’esprit d’un Mikael Akerfeldt d’Opeth, tantôt claires avec utilisation de vocoder comme l’a déjà fait Paul Masvidal de Cynic.

Certaines analogies ne passent pas inaperçues : Extol, Necrophagist (ce qui n’est pas tellement étonnant) voire Death période Individual Thought Patterns sont déterrés. Mais qu’à cela ne tienne, Obscura propose véritablement un matériel neuf et en adéquation avec la philosophie du genre, trop souvent extrapolée et détournée dans son caractère propre. Mais un élément surplombe toutes les qualités déjà en grand nombre, la basse fretless six cordes de Thesseling tellement originale qui propulse ou plutôt catapulte les compositions dans un autre monde. Son jeu et ses idées dévoilent un talent incontestable donnant ainsi une crédibilité supplémentaire et une raison d’autant plus valable d’écouter et d’aimer ce disque.

Plusieurs choses à mentionner peuvent être non pas préjudiciables car l’œuvre est de toute façon excellente mais reprochables à Obscura. Ce côté pernicieux mais néanmoins non systématique à se contenter de complexifier des riffs heavy metal agace un peu, et la production quasi parfaite paraît anormalement trop léchée et manque de volume dans l’espace. Cependant, ce disque fracassant s’écoute comme un livre ouvert, avec toutes les sortes de jeu qui caractérisent le genre. Le niveau perce la stratosphère et tous les membres du groupe et du corps sont mis à rude épreuve, pour nous auditeurs, les oreilles au plaisir de l’écoute.