Seven Day Hunt - File This Dream

28/02/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Festival Music

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On ne se souvient guère d’Egdon Heath, ce vénérable groupe hollandais né dans les années quatre-vingt qui en près de vingt ans avait visité avec force talent les contrées néo-progressives, en distillant plusieurs albums dans lesquels les amateurs d’IQ, Arena, Pendragon ou Shadowland avaient nécessairement dû, à l’époque, trouver leur bonheur. Retenons de cette période The Killing Silence, au son et aux atmosphères proches de Camel, qui a semble-t-il assez bien résisté au temps. Trois musiciens d’Egdon Heath, le groupe étant désintégré à l’orée des années 2000, s’adjoignant les services d’un nouveau batteur et d’un chanteur (Hans Uil), proposent désormais une œuvre néo-prog digeste, bien arrangée et construite avec soin. Il aura fallu sept années à ces survivants pour présenter au public un concept musical où sonnent quelques fantômes d’IQ, mais également des éléments plus contemporains, plus agressifs, où la parenté avec Knight Area ou le dernier album de Pendragon, Pure, est évidente. Seven Day Hunt présente ici des pièces longues, épiques, où minute après minute, les emportements des interprètes contaminent l’auditeur et le transportent. Le premier volet de cet album, « No Plaster Saint » est à ce titre un joyau de musique progressive dont le final ébouriffant mérite à lui seul qu’on s’intéresse à un album qui recèle de nombreuses autres surprises. Le néo-progressif doit avoir une qualité majeure : faire fuir, ouvrir sur des ailleurs, pénétrer dans les rêves et les mondes d’à côté. En cela, File this Dream remplit parfaitement son contrat et il est fort à parier que ces musiciens sauront poser une pierre blanche dans le petit jardin tranquille de la musique symphonique, emphatique et onirique. Pendragon a trouvé ses fils spirituels…