The Healing Road - Timanfaya

24/02/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Autoproduction

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The Healing Road est le projet du claviériste allemand Hanspeter Hess. Fondé sur l’écoute, la méditation, voire le recueillement, le disque proposé ne déroge pas à la tradition Musea : proposer quelques plages douces et limpides, à cheval entre la musique new age et des parties plus sonores, pour la plupart inspirées de l’univers de Dream Theater (« Crashing Waves » et ses envolées de guitares et claviers particulièrement enivrantes, par exemple). Ce travail, entièrement instrumental, tisse quasi immédiatement des liens familiers avec l’auditeur. La fraîcheur de Mike Oldfield (dont une certaine parenté avec Voyager qui s’instille ici et là, « Crater Camels », notamment), l’esbroufe de Yes, la langueur teintée de colère de Van der Graf Generator, etc. Voilà en substance les noms qui circulent à l’écoute de Timanfaya. Un disque qui s’installe voluptueusement sur les platines, qui n’écrase pas l’amateur d’une logorrhée technique et dont la fraîcheur, la limpidité et la production propre séduisent progressivement et captent l’imagination. Le concept invoqué ici par Hess est la solitude, le calme, l’appel du vert et de la nature. Le titre, Timanfaya, provient directement du nom d’un parc naturel des îles des Canari, et cette ambiance est rehaussée d’un livret soigné, aux illustrations réussies du peintre allemand Herbert Wanderer. Néanmoins, il est fort probable que cet album ne reste guère longtemps dans nos mémoires, ce qui finalement s’avérerait assez injuste tant il possède cette intemporalité pour plaire longtemps. Cette musique doit s’écouter au casque et les yeux fermés. Avec une réelle efficacité, chaque mélodie viendra alors colorer et cultiver notre écologie intérieure. Digne successeur des grands anciens qu’étaient Wakeman, Van der Graaf Generator ou Steve Howe, Hanspeter Hess est un bon artiste, qui, sans être démesurément original, n’en demeure pas moins intéressant… à défaut d’être musicalement pertinent.