SBB - Iron Curtain

20/02/2009

Par Christophe Gigon

Label: Metal Mind Productions

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Après la réédition de l’album en public Roskilde 1978 sorti l’an passé, la légende historique du rock progressif polonais présente son dernier effort en studio, successeur peu attendu du très moyen The Rock (2007). Certes, on doit le respect aux aînés, surtout lorsque ceux-ci ont compté parmi les pionniers du style. A ce titre, SBB a bel et bien ce mérite d’avoir défriché de grands horizons musicaux à une époque (et dans un pays) où il était vraiment novateur de produire une musique si peu commerciale. Le hic, c’est que plus de trente ans après cette période révolue, le trio ressert le même plat apprêté des mêmes sauces tiédasses : un rock progressif d’une mollesse infernale plein de sons de claviers paléolithiques, un chant nasillard et guère original et, pour couronner le tout, le guitariste Apostolis Anthimos, qui se contente de répéter en boucle les mêmes plans déjà mille fois entendus. De par son peu d’envergure, la musique ne rend malheureusement ni justice au titre, ni à l’idée principale de l’album (la fin du Rideau de Fer), ni à l’avènement progressif (sic !) d’autres frontières, plus mesquines, entres les artistes qui ont droit de cité dans les médias et les autres, victimes de l’opprobre journalistique. Un projet intéressant sur le papier qui tombe à plat tant il est aisé de comprendre pourquoi SBB se trouve du mauvais côté de la musique : celle qui nous saoûle, celle qui recule, celle qui s’écoute jouer, celle qui se laisse aller… sans nous.