Stinking Lizaveta - Sacrifice and Bliss

16/02/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Monotreme Records

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Si un groupe a déjà cinq albums à son actif, que le sixième vient de sortir, et que rien n’a encore transpercé nos tympans, est-ce le signe que celui-ci est dispensable, ou même insignifiant et ne mérite aucune attention ? Pas forcément, la preuve avec Stinking Lizaveta, formation américaine de Philadelphie formé en 1994. Composé des frères Papadopoulos, Yanni et Alexi, respectivement à la guitare électrique et à la contrebasse électrique, et de la surprenante Cheshire Agusta à la batterie, le trio propose un rock instrumental bourré d’influences. Mélangeant sludge, post-rock, parfois expérimental dans la manière d’utiliser les effets de guitare, la « Liza qui schlingue » dévoile une musique assez créatrice, agréable, à la recherche de sons. Yanni peut se targuer d’être un excellent guitariste avec beaucoup de feeling et un touché pas si éloigné de celui de Frank Zappa dans ses soli les plus torturés. Il est remarquable de tenir aussi bien sa place de guitariste lorsque l’on est le seul « mélodiste » du groupe. La batterie tape dans le rock et dans le jazz, ce qui donne un côté non formaté. Ça joue pour se faire plaisir, c’est palpable. Sanford Parker que l’on connaît notamment pour ses exploits peu glorieux avec Pelican, Rwake ou bien encore Nachtmystium, est responsable du son, et pour une fois, celui-ci est plutôt correct : propre mais à la limite du « garage », il rend bien hommage au disque. N’ayant aucune possibilité de comparer Sacrifice and Bliss avec ses prédécesseurs, il s’avère délicat de dire si oui ou non le groupe évolue musicalement. Mais peu importe, à vrai dire, retenons simplement que ça joue bien, bien que les morceaux ne marquent pas vraiment, même après plusieurs écoutes. De bons passages, il y en a, et en buvant une bonne bière, ces quarante minutes passent à merveille…