Daniel Gauthier - The Wish

13/02/2009

Par Christophe Gigon

Label: Autoproduction

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Une autoproduction qui nous vient directement du Canada ne constitue pas, a priori, un objet propre à créer l’excitation au sein de la rédaction. Et pourtant, la surprise est à la hauteur du peu d’enthousiasme ressenti avant de se décider à finalement glisser la galette dans le mange-disque. Une seule personne est à l’origine de ce projet de haute tenue : Daniel Gauthier. Il est seul maître à bord après Dieu : unique compositeur, musicien, chanteur et producteur et The Wish en est le fruit de plusieurs années de dur labeur. Et le résultat doit sans aucun doute être à la hauteur des plus hautes espérances de notre multi-instrumentiste.

Avant tout, le mixage et la texture sonore de cet album laissent songeur : le tout est d’un professionnalisme achevé. Même si ce genre de créations solitaires fait toujours de près ou de loin penser aux travaux du jeune Mike Oldfield de la grande époque (Tubular Bells ou Ommadawn), force est d’avouer que le rendu sonore de ce « petit » album fait à la maison enterre sans autre forme de procès les classiques cités. C’est à l’aune de ce genre de constat que l’on peut mesurer les progrès incroyables acquis dans les techniques d’enregistrement depuis la fin des années soixante-dix.

Ce quatrième album de Daniel Gauthier depuis 1997, risque de détrôner son « classique » Above the Storm qui date, déjà, de l’an 2000. En plus de l’exceptionnelle prise de son, ce nouvel effort bénéficie d’une maîtrise technique remarquable. Une basse omniprésente (instrument de prédilection de notre bonhomme) qui rappellera à beaucoup les plus belles échappées de Chris Squire. Un toucher guitaristique très proche de celui d’un Mike Holmes (IQ) ou d’un Gary Chandler (Jadis) et des compositions de belle facture que l’on pourrait qualifier de néo-progressives, tant dans la forme que dans le fond.

L’amateur éclairé pensera tour à tour aux albums en solo de Martin Orford (IQ, Jadis) ou à Steve Thorne. La voix, plus ordinaire mais juste, est douce et peut s’enorgueillir de tonalités dignes d’un Jon Anderson. Sauf revirement de situation soudain, le futur du rock progressif ne viendra pas de la Belle Province ce printemps ; mais sachons gré à Daniel Gauthier de nous proposer un album de qualité incroyablement pro bien qu’autoproduit. Selon la formule consacrée, agréable mais pas essentiel.