Taliesyn - Taliesyn

04/02/2009

Par Christophe Gigon

Label: Moonzoo Music

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De Belgique nous vient Taliesyn, quatuor énergique et intéressant qui pratique une musique volontairement datée mais fort bien exécutée et produite. Même si les influences semblent évidentes (Ange, Deep Purple, Black Sabbath ou encore Iron Butterfly), ça fait bien longtemps qu’un disque aussi frais et agréable n’avait pointé le bout de son nez ! Il suffit d’imaginer les arrangements classieux du Deep Purple première époque accompagnés d’une voix puissante et charismatique à la Christian Décamps (Ange) et le résultat donne le « son Taliesyn » qui, finalement, de par cette mixture peu courante, en vient à proposer un produit somme toute fort original.

Les influences sont parfaitement digérées, les textes sont soignés et la production (laissée aux soins des vétérans de Machiavel) est d’une limpidité et d’une puissance rares pour un groupe francophone. Naturellement, ce premier album vise à recréer des atmosphères héritées des glorieuses années soixante-dix (orgues Hammond, flûtes, cordes et soli de guitare lyriques). Le tout fortement imprégné d’une esthétique «&nbp;médiévalisante&nbp;» qui pourrait faire dresser les cheveux sur la tête des critiques musicaux de la presse (dite musicale) française qui n’a de cesse de prouver à quel point elle pouvait être sectaire. Evidemment, Taliesyn évolue à contre-courant, ne ressemble pas du tout à Franz Ferdinand, aux Libertines ou aux White Stripes, donc risque peu de faire écho ailleurs que dans des rédactions spécialisées comme la nôtre. Dommage pour le grand public lecteur de Rock and Folk ou des Inrockuptibles qui n’aura jamais le plaisir d’entendre cette magnifique collection de dix titres, tous aussi charmants et réussis les uns que les autres.

La relève d’Ange est pour ainsi dire assurée. Moins maniéré qu’Ex-Vagus, moins technique que Nemo et cependant moins novateur que Galaad ou Alifair (la formation de Jean-Pascal Boffo), Taliesyn a potentiellement les moyens de devenir grand s’il cherche encore à affiner son identité propre. Bonne nouvelle pour le rock d’expression française habituellement mise à mal en ces temps de «&nbp;star-académisation&nbp;» des masses.