The Eyes of a Traitor - A Clear Perception

02/02/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Listenable Records

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Formé en 2006 à Luton au Royaume-Uni, The Eyes of a Traitor se compose à l’époque de très jeunes musiciens (dix-sept ans en moyenne) et proposent très rapidement un premier maxi redoutable, By Sunset (2007) qui laisse présager du meilleur pour ces Anglais talentueux. De ce fait, directement signé chez Listenable Records dont la réputation n’est plus à faire, le nouvel album A Clear Perception sort après deux années d’écriture et de travail, concordant avec l’heure de la majorité, du permis de conduire, du droit de vote et des boutons qui s’estompent .

Un disque qui résonne comme une affirmation de soi. Malgré des physiques d’adolescents, la maturité des compositions est impressionnante. Les influences metalcore se mélangent à celle de la scène death metal suédoise de Göteborg, dans une interaction judicieuse et moderne, entre riffs syncopés efficaces et mélodies élégantes. Il suffit d’écouter Decorus, petite merveille, pour s’en rendre compte. Les guitares se complètent à merveille et créent des rythmiques et des soli intelligents, même si parfois convenus, il faut bien l’avouer. Les utilisations d’effets, samples et autres artifices synthétiques ajoutent une dose non négligeable d’ambiances.

Les conventions du style sont donc respectées bien que légèrement réadaptées pour donner dix titres résistant à l’épreuve des balles ! Deux éléments complètent admirablement le tableau : la voix et la production. En effet, Jack Delany confère une atmosphère de séduisante brutalité. Sa voix caverneuse et puissante, alliée à certaines mélodies ou rythmes, assène un premier coup de massue. Le second est donné par la production, idéale pour ce genre de groupe, à fond les manettes et bien léché, jusque dans le grain si abrasif des guitares.

Ce qui aurait pu être une pâle copie ou une simple resucée de nombreux groupes actuels s’affirme comme une valeur sûre d’une scène qui ne devrait pas tarder à péricliter, si les formations sans saveur se multiplient aussi vite. The Eyes of A Traitor mérite la reconnaissance (une tournée est prévue prochainement avec Gojira en Angleterre) mais qui, malgré un très bon nouvel album, devrait souffrir inévitablement de cette inondation déplaisante.