Luca Turilli - Prophet of the Last Eclipse

29/01/2009

Par Jean-Philippe Haas

Label: Limb Music Products

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Surfant sur le succès de son groupe à la fin des années quatre-vingt-dix, le guitariste Luca Turilli sort un premier album en solo dès 1999, King of the Nordic Twilight qui ne dénote en aucune façon de ce qu’il réalise avec Rhapsody (of Fire), si ce n’est que son nom est apposé sur la pochette. Trois ans plus tard, on reprend les mêmes et on recommence avec Prophet of the Last Eclipse. Notre ténébreux guitar hero ne révolutionne pas, il délocalise. Avec son précédent effort, on voyageait à travers d’hostiles contrées gelées.

C’est désormais dans l’espace intersidéral que nous sommes transportés. A quand un Master of the Tropical Realms ou un Conqueror of the Cursed Tundra ? Si l’on voyage beaucoup au travers de la discographie de Luca Turilli, la musique reste, elle, confinée en des territoires déjà maintes fois parcourus. Quelques évolutions audibles à défaut d’être notables sont néanmoins à relever. Exit les passages vaguement folk, finis les duels instrumentaux, la guitare confisque quasiment tous les passages héroïques.

A l’instar du visuel très connoté « Space Hulk », le rôle des claviers consiste à souligner le concept SF en balançant à tour de bras des sonorités « futuristes » tandis que des passages baroques (et vas-y que je te place quelques phrases en latin), chœurs et chant féminin à l’appui, viennent illustrer les considérations mystico-religieuses développées par le maître d’oeuvre dans son histoire. Pour le reste, il s’agit d’un metal grandiloquent à outrance, bourré de gimmicks à la Stratovarius, Nightwish et de quelques tics typiques du prog metal. Hymnes glorieux speedés, tapis de double pédale, chanteur chargé au concentré de trémolos, cloné sur Timo Kotipelto et D.C. Cooper, balade vibrante obligatoire, feu d’artifice final à rallonge, tout y passe.

En somme, Prophet of the Last Eclipse, c’est la bande originale d’un Star Wars qu’aurait réalisé Roland Emmerich. Le plus embêtant, c’est qu’on prendrait presque plaisir à écouter tout ce tremblement tape-à-l’œil. Pire : il serait tentant de ne pas presser les touches « avance rapide » ou eject. Finalement, n’est-ce pas ainsi qu’on reconnaît un bon disque ?