Fantasyy Factoryy - This Is the Future of Tomorrow

28/01/2009

Par Christophe Gigon

Label: Ohrwaschl Records

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A l’heure des formats MP3 de piètre qualité, des albums que l’on ne peut qu’écouter directement sur le site du groupe (sans même pouvoir les télécharger pour les apprécier ensuite, gravés sur support CD, à l’aide d’un système haute-fidélité digne de ce nom), à l’heure des disques pollués par de monocordes voix répétant inlassablement : « Vous êtes en train d’écouter le morceau n°3 de l’album La Malédiction des parasitages sonores par La Bande à Félix », à l’heure de toutes ces pratiques qui gâchent notre travail (et notre plaisir à le faire), il s’agit de saluer bien bas Fantasyy Factoryy qui envoie à la rédaction de Progressia, non pas un piteux CD-R autoproduit, ni même un album promotionnel en carton mais carrément un magnifique disque en format vinyle (le seul qui peut raisonnablement prétendre à un rendu sonore de qualité digne de ce nom, allez vous recoucher, vilains CD tout petits et tout vilains !). Après une si longue phrase, il serait judicieux de passer au paragraphe suivant. Ouf !

Fondé en 1994 par le guitariste, chanteur et compositeur allemand Alan Tepper, Fantasyy Factoryy nous propose son nouvel album, sur format vinyle exclusivement, agrémenté d’une magnifique illustration de couverture du fameux Helmut Wenske (Nektar, Orange Peel, Steel Mill et Dzyan). Le style dans lequel évolue ce trio germanique (basse, guitares, batterie, pas de claviers) se situe aux carrefours du rock psychédélique « à la Hendrix » et du rock progressif typé seventies comme aimait à le pratiquer Mike Oldfield avant qu’il ne sombre dans cette terrible mollesse qui le poussera à produire à la chaîne cette affreuse musique d’ascenseur qu’on nomme, par antiphrase probablement chill out.

Le son de cet album est excellent et ce, entre autres, grâce au rendu sonore exceptionnel du microsillon qui permet d’entendre distinctement toutes les nuances les plus organiques du toucher de guitare d’Alan Tepper, pas manchot, loin s’en faut. Certes, les huit compositions qui composent cet album conceptuel et dichotomique (chaque face développe une idée qui contrebalance celle de l’autre face) ne vont pas révolutionner le genre, loin de là. De plus, la voix du meneur de troupe est peu agréable et ne permet donc pas vraiment de se laisser porter par la musique, nettement plus maîtrisée, elle. Un album sympathique, de facture classique. Mais quel bel objet, amis audiophiles et complétistes !