Grendel - The Helpless

21/01/2009

Par Dan Tordjman

Label: Lynx Music

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L’histoire des grands courants artistiques propres au rock verrait-elle là le début d’un nouveau chapitre ? Résumons un peu : après la NWOBHM, après la scène black metal norvégienne et la scène « melodic death metal from Göteborg » serions-nous en train d’assister à l’éclosion de la NWOPPR, à savoir : New Wave of Polish Progressive Rock ? Il y a de fortes chances que la réponse soit affirmative, la preuve avec Grendel, originaire de Pologne au même titre donc que ses compatriotes Riverside, Millenium, Beam-Light, Retrospective et autres Cash-mere.

A l’écoute de « Signal », on est déjà en terre connue, une terre où se côtoient une Arène, un Théâtre Onirique et un (Sil)Marillion, le tout se trouvant sur le Bord de la Rivière. L’influence de la Rivière est plus flagrante sur « Matter of Time », à la croisée des chemins entre « Out of Myself » et « Reality Dream » de Riverside. Et le problème – si tant est que ce soit un réel problème – c’est que l’ombre de la bande de Marivsz Duda plane de trop sur Grendel. Le son de guitare cristallin, les parties de batterie feutrées et subtiles, la claviériste Urszula Swider qui parvient néanmoins à trouver un certain équilibre entre nappes et parties de piano clair. A noter la finesse de son jeu et sa mélodie sur « Faded Memories » et le titre éponyme de l’album – probablement le meilleur morceau du disque avec sa montée en puissance digne d’un « Warm Wet Circles » de Marillion. Tous deux projettent dans votre esprit un mélange de couleurs et de frissons pas désagréables, loin de là.

La pause « syndicale » se nomme « Main » , une petite pépite de merveille instrumentale : quatre minutes trente cinq de pur bonheur, un petit échappatoire vers une plage d’où l’on regarde la ligne d’horizon. En clôture de ce disque, continuons le jeu des comparaisons : Riverside a écrit « Second Life Syndrome », Grendel a composé « Illusions » un pavé de onze minutes dont on ne perdra pas une miette. Pour un premier disque, le groupe réussit à transformer l’essai en touchant toutefois les deux poteaux : le fantôme de Riverside doit à l’avenir disparaître pour ne plus être qu’un souvenir. Non pas que ce soit désagréable, au contraire, mais plus d’audace serait souhaitable. A revoir également, le chant de Sebastian Kowgier, proche de Steve Hogarth par moments, mais bien trop monocorde et aux défauts de prononciation à corriger.

En revanche pour la production messieurs, ne changez rien ! Car non content d’avoir gratifié son groupe – Millenium – d’une excellente production, Ryszard Kramarski remet le couvert et aide ses petits camarades. Bien lui en a pris car en dépit de quelques erreurs – on l’espère – de jeunesse, The Helpless sonne divinement bien. Un bon début, qui qui soulève une question : la Hollande fut un temps appelée « l’autre pays du fromage », pensez-vous qu’un jour on dira : « la Pologne, l’autre pays du Progressif » ?