Survival - Crusader

23/12/2008

Par Christophe Gigon

Label: Musea

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Si l’on sait que Survival est un projet mené par un claviériste hollandais fondu des travaux de Rick van der Linden (autre claviériste, star de ce pays qui fonda Ekseption et Trace dans les années soixante-dix) ; et si l’on sait encore que cet album essaie de mixer ces influences évidentes avec la musique d’Emerson, Lake &Palmer et celle de Deep Purple ; et si, pour finir, l’on sait également que le meilleur ami de Jack Langevelt (tête pensante de Survival) est son chat (véridique !), vous posséderez, cher lecteur, toutes les bonnes raisons de vous sauver pendant qu’il en est encore temps. Mais si toutes ces informations n’ont pas suffi à vous déstabiliser, lisez donc ce qui suit.

Crusader est le second véritable album de ce projet bien qu’il existe depuis le début des années quatre-vingt ! Le claviériste virtuose s’est adjoint les services de deux six-cordistes émérites : l’un dont le jeu ressemble furieusement à un autre virtuose, suédois cette fois, le fameux Yngwie Malmsteen, l’autre qui déploie sereinement ses soli « à la Gilmour » sans la moindre retenue. Les onze titres qui composent Crusader savent dépeindre des ambiances « classisantes » à souhait et fort ressemblantes à celles que Keith Emerson aimait à créer (avec ELP ou The Nice). Les compositions du compatriote Rick van der Linden (décédé en 2006, d’où le titre hommage « Exceptional Friend ») étant déjà elles-mêmes influencées par celles du Britannique, la boucle se trouve ainsi bouclée. D’ailleurs, le sexagénaire hollandais a eu le temps d’adouber Jack Langevelt avant de passer de vie à trépas. La guitare achève de donner un côté pompeux à l’ensemble. Les textes, quant à eux, sont axés sur l’histoire des Templiers pendant les Croisades.

Ah oui, on ne vous avait encore pas dit que le chef de troupe, en plus de compter son chat comme meilleur ami, remercie Dieu dans ses crédits, après avoir cité Bach, Chopin, Mozart et… les Templiers ! Musicalement, l’ensemble est maîtrisé et la musique colle à merveille à l’argument. Cependant, rien de très sain ni de très rafraîchissant, tant dans les compositions que dans les discours, dans cet album qui saura néanmoins ravir les amateurs du genre.