Balloon - Motivation

12/12/2008

Par Christophe Gigon

Label: Musea

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Tiens, un petit clone hollandais de l’arbre à porc-épic. Il fallait bien s’y attendre, après les grands-pères fondateurs du genre (Yes, Genesis, Pink Floyd ou Camel), les pères (Marillion, IQ ou Pendragon) puis les enfants (Dream Theater ou Porcupine Tree, justement), il devient de plus en plus fréquent et génétiquement normal que l’on clone directement les dernières pousses sans laisser Dame Nature faire son travail éternel de duplication. Attention, ne confondons pas descendance naturelle et clonage.

Ainsi, la filiation entre Pink Floyd et Porcupine Tree est naturelle, on remarque bien le nez du papa ou le menton de la maman mais le visage est, somme toute, tout à fait nouveau et original. Même procédé pour la descendance Genesis / Marillion / Mostly Autumn : il reste des traits des aïeux que l’on retrouve mais l’individu nouvellement créé représente, en fait, un mélange enrichi et porteur d’une plus-value évidente, musicale en l’occurrence. Avec le clonage, c’est plus direct et infiniment plus simple : on prend le grand-père (ou le père, ou l’arrière grand-père) et on le reproduit à l’identique sans laisser reposer ni donner le temps à la nature de faire son œuvre. On a déjà constaté cette reproduction spontanée par translation immédiate de qualités intrinsèques chez de nombreux groupes. Ainsi les binômes Genesis / The Watch, Camel / Mirage ou encore Porcupine Tree et les plaisantins américains de Abigail’s Ghost.

Vous l’aurez compris, avec Balloon, c’est bien à un clonage en bonne et due forme que l’on a affaire. Ainsi, à part la voix du chanteur, sensiblement moins bonne que celle de Steve Wilson, c’est un disque de Porcupine Tree, période Stupid Dream ou Lightbulb Sun, que l’on écoute. Ni plus ni moins. Ou plutôt moins plutôt. C’est du Porcupine Tree pur jus mais avec une voix moins bonne et un son moins bien produit. Ce n’est pas un mauvais disque non plus. Balloon réussit plutôt bien son travail et le produit final n’est en rien désagréable. Au contraire, tous les ingrédients d’un disque de Porcupine Tree sont là en quantité suffisante et harmonieusement disposés selon la doxa de la recette choisie : mélodies travaillées, ambiances pop/rock/metal relevées à la sauce Pink Floyd même si l’ensemble est bien moins agressif que ce que nous propose la bande de Wilson depuis In Absentia.

Dans le genre, Abigail’s Ghost est plus rigolo car il ressemble encore plus à son génome donneur ! Alors c’est encore plus réussi, vous comprenez ? Bref, alors que The Watch parvient sans peine à imposer une certaine identité émotionnelle à sa musique, en écoutant Balloon, on a simplement envie de se réécouter un bon vieux Porcupine Tree. Ce qui n’est déjà pas si mal, vous l’avouerez. On se réjouit déjà du prochain petit mouton.