Martin Orford - The Old Road

07/12/2008

Par Jérôme Walczak

Label: Giant Electric Pea

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Martin Orford a été claviériste aux commandes d’IQ pendant près de vingt-sept ans. En guise d’adieux à sa carrière musicale, il gratifie son public d’un ultime album, conçu depuis plusieurs années semble-t-il, en s’entourant de toute la famille du néo pomp prog rock au grand complet : John Wetton (Asia), Nick D’Virgilio (Spock’s Beard), John Mitchell (Arena), Gary Chandler (Jadis) et Steve Thorne. Allergiques aux claviers, fuyez tant qu’il en est encore temps ! Les autres, restez donc !

Comme d’habitude, pourrait-on dire, rien de nouveau sous le soleil, on a ici affaire à un néo prog’ de la facture la plus classique qui soit. Le son et les arrangements ne dépareraient évidemment pas dans un album d’IQ ou d’Arena. Il y a quelques points communs d’ailleurs entre l’un des meilleurs titres, « The Old Road » et ce qui s’entend si agréablement sur The Visitor. Ce manque d’originalité est un bonheur pur. Au diable les originaux qui font de la musique pénible ! Vive les classiques qui reproduisent trente fois de suite des moments magiques ! Il y a de toute façon bien longtemps que ceux qui ont délaissé ce style n’auront même pas la curiosité malsaine de lire ces lignes, et il est donc évident que Martin Orford n’arrivera jamais à les faire changer d’avis.

Pourtant, la recette est parfaitement maîtrisée : les refrains sont entraînants, les soli de claviers sont dignes de la plus belle des épopées arthuriennes et les chœurs sont d’un enthousiasme rare. Orford s’y connaît en matière de mélodies et d’ambiances joyeuses ou pompeuses. S’il est vrai qu’on n’a guère le sentiment d’être en 2008 en écoutant The Old Road, il n’en demeure pas moins que ce disque est parsemé de milliers de petits clins d’œil qui réjouiront à l’évidence l’amateur. Il est à craindre que tout cela ne survive guère à l’année nouvelle, mais comme une orange savoureuse qu’on déguste hors saison, on se surprend à goûter, à en redemander, en attendant des jours plus ensoleillés.

Du bonheur garanti que cette œuvre testamentaire, un bon moment de musique. Orford réussit à nous esquisser un sourire sans une once d’exaspération. Deux mots : merci Monsieur !