Magnolia - Falska Vägar

07/12/2008

Par Jérôme Walczak

Label: Transubstans Records

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Quand vous sortez dans le beau monde, précédé de l’immense prestige d’être un chroniqueur musical, entouré d’une aura mystérieuse où les gens savent que vous passez le plus clair de votre temps dans les avions, à parler avec les plus grandes stars internationales, à avoir Peter Gabriel au téléphone pour ses problèmes de tuyauterie, à entrer dans les coulisses des salles de spectacles à la renommée mondiale, brusquement, le soufflet s’estompe aussitôt lorsque vous prononcez le nom de Progressia. On vous rétorque en effet : « ah oui, ce journal qui passe son temps à chroniquer d’obscurs groupes suédois qui font du blues punk ? ». Vous vous offusquez et répondez que non : « On a même déjà chroniqué du Asia, alors… ». Ben en fait, si.

Là, en plein de dedans. Magnolia, c’est un joli nom, ça sentait le néo à plein nez cette affaire-là, ils n’étaient pas vraiment connus, très suédois, on imaginait une petite voix guillerette de jeune fille qui faisait sa pleureuse, accompagnée par un clavier diaphane et une guitare discrète. On se retrouve finalement d’être obligé de digresser sur trois Suédois bruns (un comble), sosies de Miossec enrhumé, qui ont une pratique pour le moins anachronique du rock. Les rythmes sont blues, ça se plaint, ça languit, ça répète et ça reprend un thème surdéveloppé sur trois minutes ; l’énergie est très punk-rock, le fantôme d’Iggy Pop n’est guère éloigné et à l’heure qu’il est, une question n’a pas trouvé sa réponse : est-ce bien le chanteur que nous entendons pendant près d’une heure ou ce dernier chante-t-il dans un porte-voix ? Impossible d’entendre si son organe est ou non déformé. Certes, c’est d’un dynamisme de fort bon aloi, ça remue bien du haut et du bas, mais que voulez-vous, cette musique s’écoute dans une cave ou dans un garage. Un univers respectable, à condition d’aimer les odeurs de cambouis et les fonds de bière sans bulle.

L’album est bon, une place de choix est réservée à la basse, qui s’accommode des accompagnements plus vifs de la guitare et de la batterie. Tout sonne très vite, et certains morceaux fleurent bon cette musique rocailleuse des années quatre-vingt. On est donc très loin d’ABBA, mais si vous êtes curieux, que vous avez une bielle qui a coulé et que vous ne savez pas quoi écouter en la réparant, ce disque plein de trémas devrait vous combler de joie !