Anima Mundi - Jagannath Orbit

07/12/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Musea

Site:

L’impérialisme progressif aura bientôt étendu sa domination sur le monde entier. Rares sont d’ailleurs les pays qui sont encore épargnés par l’inexorable déferlante de ce genre qui incarne le Grand Capital dans toute sa malfaisance. Même Cuba, l’un des derniers îlots du socialisme moderne, n’est plus en mesure de se défendre contre cette monstrueuse invasion.

Le ver dans le fruit s’appelle Anima Mundi. Dès 2002, ces agitateurs avaient commis un Septentrión qui contenait déjà les racines du mal : un symphonisme anglo-saxon corrompu par des traces d’un infâme néo prog’ parfois très dynamique. Ces ennemis de la paix castriste récidivent aujourd’hui avec un Jagannath Orbit sorti du même moule. Une humilité de rigueur au pays de l’utopie du travailleur aurait dû contraindre Anima Mundi à s’exprimer avec sobriété. Au lieu de cela, tout n’est que flamboyance, variété, fantaisie. Une foule d’instruments de tous horizons viennent enrichir cette musique honteusement typée et colorée : clarinette, basson, didgeridoo, cornemuse… Et alors que le groupe avait encore eu la décence de chanter en espagnol sur Septentrión, c’est maintenant en anglais, ultime provocation, qu’est interprété l’album ! Comble de l’horreur, la production est clinquante et moderne, « professionnelle » devrait-on presque dire ! La modestie imposait pourtant d’enregistrer sans artifice, avec un simple magnétophone dans un garage.

On espère qu’en cette période d’assouplissement post-Fidel, les autorités sauront malgré tout faire preuve de fermeté et envoyer cette œuvre grandiloquente et corruptrice à la broyeuse. On espère surtout qu’Anima Mundi obtienne avec ce disque majestueux un succès amplement mérité au-delà de ses frontières, mais chut ! Bonjour, qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous armés ? Vous pourriez frapper avant d’entrer ! Mais… mais… laissez-moi ! Au sec… !