Magica - Wolves and Witches

28/11/2008

Par Christophe Gigon

Label: AFM Records

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La Roumanie, terre des légendes les plus sauvages, patrie des loups-garous et autres vampires, peut se flatter d’avoir inspiré les plus grands auteurs et certains réalisateurs parmi les moins consensuels. Un tel pays ne peut néanmoins prétendre avoir produit du sang neuf musical : Magica surfe allègrement sur la vague interminable du metal mélodique à voix féminine. Rien que de l’écrire, les doigts s’engourdissent déjà. Pour un The Gathering, un Nightwish et, éventuellement, un Lacuna Coil ou un Within Temptation, combien de suiveurs jouent entre eux sans vergogne à bonnet blanc / blanc bonnet ?

Ainsi, nos magiciens venus de l’Est peuvent se targuer de n’apporter aucune pierre à l’édifice constitué avant même que leur chanteuse n’apprenne à imiter, assez bien du reste, l’une ou l’autre des vocalistes des formations précitées. Avec toute la bonne volonté du monde, il semble vain d’essayer de dégager la moindre parcelle de renouveau ou même de rafraîchissement stylistique dans la musique de ces Roumains peu effrayants bien que leurs textes sortent le grand jeu : on y parle de loups, de chauves-souris, de peurs et d’angoisses. Pour tout dire, les thématiques développées dans Wolves and Witches peuvent, avec beaucoup d’indulgence, convaincre un public d’adolescents attardés affalés devant leur écran, un paquet de chips éventré sur leur ventre déjà plus très ferme. La musique réchauffe les sauces prises dans de bonnes vieilles casseroles. Au bout de combien de temps ces groupes continueront-ils de repasser les plats ? Jusqu’à ce que mort s’en suive ?

Finalement, le seul élément véritablement apeurant de ce disque réside dans l’intérêt qu’on y accorde. Le produit fini est irréprochable, musiciens, chant, arrangements et production conviennent avec les standards d’exigence actuelle. Cependant, qui a besoin de Magica ? Y a-t-il un public pour de telles excroissances superfétatoires ? Un mot sur l’illustration de pochette ? Non, ce n’est pas la peine, le dernier lecteur de cette chronique est déjà mort dans d’atroces souffrances. Magica, faisant malheureusement fi de l’adage, a vraiment vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué.