Presto Ballet - The Lost Art of Time Travel

27/11/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: ProgRock Records

Site:

Puisqu’il ne peut pas clamer son amour immodéré pour le progressif classique au sein de son groupe de thrash à l’ancienne Metal Church, Kurdt Vanderhoof décide de fonder Presto Ballet afin de pouvoir y exprimer ses velléités seventies. Si sa première tentative, Peace Among the Ruins (2005) tenait davantage du hard rock sophistiqué, ce The Lost Art of Time Travel contient une dimension épique non négligeable. Imaginez donc Spock’s Beard faisant la parade à Deep Purple, sous l’œil bienveillant de Kansas. Kurdt Vanderhoof pose là-dessus ses grosses guitares, et le résultat obtenu se dessine en un prog‘ à l’ancienne avec de sérieux attributs masculins ! La plupart des titres sont ainsi très rythmés, on ne s’encombre pas ici de longs passages contemplatifs. Tout au plus une ballade folk (« You’re Alive ») où quelques accalmies y sont ménagées par endroits pour faire bonne figure. Presto Ballet prend le parti de pratiquer sa formule avec l’emballage qui va avec : parties glorieuses, chœurs typés, orgue Hammond, solos analogiques endiablés et autres sons d’époque. Le guitariste ne cherche nullement à faire du neuf mais à rendre hommage tout en se faisant plaisir, avec le risque de froisser quelques oreilles… le néo prog’ n’est parfois pas très loin ! Des traces bienvenues de Yes (sur « Haze », notamment) viennent également émailler cet ensemble bien vigoureux chanté par Scott Albright avec une conviction qui fait plaisir à entendre. The Lost Art of Time Travel est typiquement le genre d’albums qu’on écoute plusieurs fois de suite avec un immense plaisir à sa découverte puis qu’on ressort une fois de temps en temps pour se replonger dans l’Âge d’Or ou se mettre tout simplement de bonne humeur.