Evolve IV - Decadent Light

21/11/2008

Par Christophe Gigon

Label: ProgRock Records

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Formation américaine qui revendique le fait de pratiquer une musique évolutive et progressive, Evolve IV est un nouveau venu dans l’infinie nébuleuse progressive distribuée par le label français Musea. En fait, le produit proposé est beaucoup plus ramassé et grand public qu’une telle annonce pouvait le laisser présager. Rien de péjoratif, du reste, dans le fait d’affirmer que la musique du quatuor étasunien risque de plaire au plus grand nombre. En effet, les onze titres composant ce premier album sont bien calibrés variété internationale et, à ce titre, sont plus proches du monde de Toto, Dire Straits ou Coldplay que de celui, plus torturé, dans lequel évoluent Dream Theater, Zappa ou autre Magma ! Rien de véritablement décadent donc dans le menu proposé par l’équipe en provenance d’outre Atlantique. Rien de vraiment transcendant non plus, il faut bien l’avouer. Un bon rock « des familles » qui ne casserait pas trois pattes à un canard même si l’ensemble est plutôt bien troussé. Malgré une production faiblarde, certaines compositions sortent du lot et pourraient même faire penser parfois, grâce à cette nonchalante maîtrise instrumentale et mélodique, aux travaux de l’immense Kat Onoma, cet excellent groupe strasbourgeois de pop intelligente mélodique français mais qui chante en anglais que Evolve IV n’a probablement jamais entendu. L’auditeur averti pensera aussi à Lee Clayton, excellent mélodiste britannique un brin oublié aujourd’hui, ou encore aux Américains de Fountains of Wayne, voire au Mike Oldfield de Crises. Que de références direz-vous ! C’est qu’il est en fait bien difficile de dégager la moindre once d’originalité, d’identité ou de « progression » dans cet album , certes bien agréable, mais ordinaire en diable. De la musique quotidienne au kilomètre, peut-être la bande-son idéale pour parcourir les interminables routes du Nouveau Monde. Mais ce n’est pas le plat préféré des têtes chercheuses toujours en éveil chez le lectorat de Progressia. N’est-ce pas ?