The Guy - Only Human

13/11/2008

Par Nicolas Soulat

Label: Autoproduction

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Exercice difficile que d’aborder ce style de travail, que ce soit pour l’auditeur initié ou débutant, mais également, supposons-le, pour l’artiste. Un album instrumental totalement cousu de guitare qui représente un réel défi pour les neurones (et les doigts).

Et il serait presque impossible pour le compositeur d’être suffisant à soi-même en protégeant son oeuvre de l’originalité ; la démarche se veut précise et recherchée. Il existe, pourrait-on dire, deux écoles dans lesquelles on constate, bien entendu, d’avantage de place pour l’échec que pour la réussite. Deux enseignes portées par des professeurs tels que Steve Vai ou Ron Thal, pour la première, face à Joe Statriani ou Eric Johnson qui incarnent la suivante.

Certes, un tel décor peut paraître caricatural car chacun des protagonistes peut exceller aussi bien dans l’une comme dans l’autre. Christopher Schreiner a toutefois fait son choix avec une certaine classe et a ainsi opté pour la simplicité et l’unicité. Only Human porte magnifiquement son nom et ne réduit en rien les efforts de l’Américain pour nous transporter chez lui, là où tout n’est visiblement que douceur, ressenti et chaleur. Diplôme de Berklee en poche, The Guy nous présente, sans aucune arrogance, sa maîtrise de l’instrument qui n’a rien de spectaculaire, mais qui sait faire honneur à une certaine vision de l’expression, tant le touché est magnifié par l’auteur et porté, qui plus est, par une section rythmique en or massif.

Malheureusement, le voyage pourra en blaser quelques-uns, tant la démarche présente timidement ses limites. La composition se restreint à poser un jeu, certes aérien et des plus agréables, mais qui n’aboutit à aucun réel rebondissement ; car sans parler encore et toujours (et probablement à tort, dans ce cas) du fameux grain de folie absent chez les artistes qui souhaitent chatouiller le xanadu de ses auditeurs chéris, les structures sont simples et les harmonies convenues permettent à l’amateur de se focaliser sur l’instrument principal. Même rondement menées et domptées, les six cordes ne possèdent pas de si grandes épaules et appellent souvent en renfort break et autre arrangements salvateurs.

Mais au fil des écoutes, l’impression saura s’estomper et l’on appréciera encore la finesse du jeu (Steve Vai ne s’y étant pas trompé), et promet un bel espoir pétri de de force et de beauté pour le prochain rendez-vous. Bienvenu à Christopher Schreiner chez la petite famille des guitaristes convolant amoureusement avec un style affranchi.