Laurent de Wilde - PC Pieces ~ Remixed by Friends

12/11/2008

Par Mathieu Carré

Label: DTC Records

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PC Pieces, fruit de la collaboration entre Laurent de Wilde au piano et Otisto 23 derrière ses écrans, fut un des grands moments musicaux de l’année 2007. En donnant entièrement son instrument en pâture à son acolyte, de Wilde assumait sans détour la modification profonde de sa musique. Avec l’atypique relecture que constitue ce double album, la mise en abîme s’achève. Mais en multipliant les réarrangements d’une œuvre déjà plurielle, les trente artistes contactés par Otisto 23 perdent l’homogénéité de PC Pieces. Quand les sept compositions initiales s’étalaient souvent en une dizaine de minutes, en installant un climat spécifique et mouvant, elles sont souvent réduites à une portion minimale lors de ses relectures, devenant finalement un matériau sonore à sampler comme un autre.

Ce parti pris accepté, il reste à recevoir ces collaborations comme la mise en valeur du travail individuel de leurs auteurs. Bien que très divers dans leurs approches, l’aspect rythmique prend une place majeure dans ces compositions, où beaucoup de percussions électroniques sont employées, souvent pour un résultat assez décevant même si des éclairs comme « Wood and Steel » de Loan convainquent franchement. La suractivité des boîtes à rythmes devient moins prégnante sur le deuxième disque, et les audaces se font plus nombreuses. Dans un rap glacial, Abraxxas et Otisto mettent en valeur la ligne de piano éthérée de « Piano My Love » (par ailleurs largement à l’honneur tout au long de l’album), l’environnement est plus abstrait, les lignes directrices de chaque morceau moins domesticables (« Fiive » par Lena notamment). Changement d’atmosphère voulu ou coïncidence ? Toujours est-il que ces éclairages subtils mettent plus en valeur le travail initial de Laurent de Wilde et Otisto 23.

Même s’il demeure difficile d’avoir une opinion globale sur ce courageux projet, celui-ci a le mérite d’exister et de mettre en avant toute une frange de la scène électronique qui, en se frottant à un tel modèle d’intégrité artistique trouve un merveilleux moyen d’élargir son auditoire, alors que les oreilles peu habituées à fréquenter les univers digitaux découvrent, quant à elles, un monde immense et stimulant.