The Amenta - n0n

12/11/2008

Par Aleksandr Lézy

Label: Listenable Records

Site:

Ce sont grimés et vêtus de noir que les membres de la formation australienne The Amenta montent sur scène. Et c’est un peu cette impression d’apocalypse que l’on ressent à l’écoute de leur deuxième album. Quatre années après Occasus, sorti en 2004, n0n reflète un univers de destruction, de nuit permanente, de haine et de négation. Les titres représentent ce caractère particulier traitant de l’aspect sombre de la corruption occidentale comme si la politique, les médias, la drogue et la prostitution étaient une nouvelle religion. L’auditeur doit faire face à une musique brutale, futuriste, industrielle dans une veine death metal moderne. Mais The Amenta ne se contente pas de cela et va au-delà des frontières du genre, en créant des ambiances angoissantes et malsaines, grâce à l’utilisation de samples et de riffs acérés et dissonants. L’ombre d’un Fear Factory plane sur l’ensemble des morceaux, même si les expérimentations sont accrues, générant ainsi beaucoup plus de chaos. Celui-ci est accentué, en partie, grâce à une batterie triggée ultra rapide, nerveuse et agressive. Dave Haley, également batteur de Psycroptic, joue caisse claire et double grosse caisse appuyées avec un jeu de cymbales en retrait, qui a pour effet d’annihiler volontairement toute sensibilité ou émotion de jeu humain. Celsius 137 a été remplacé par un xJx au chant, moins créative et plus linéaire sur la durée, mais convaincante malgré tout, en adéquation avec le côté industriel de ce nouvel album. Doté d’une production irréprochable par sa force dévastatrice, les morceaux n’auraient pas survécu à une qualité moindre, tant elle est primordiale au style pratiqué. A la fois captivant et dérangeant par sa brutalité sonore et ses textes à double-tranchant, n0n s’affirme comme l’archétype de l’extrême musical. Une œuvre sans compromis qui choque par sa vérité indicible, sa violence presque fascinante.