Le Orme - Live in Pennsylvania

11/11/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Ice Record

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Quarante-deux ans de carrière et pas une seule fichue vidéo officielle à se mettre sous la dent ! L’erreur est enfin corrigée en 2008 avec ce Live in Pennsylvania qui contient la performance des Italiens lors de l’édition 2005 du NEARfest. Les heureux possesseurs du DVD NEARfest 2005 auront d’ailleurs pu goûter à la solide prestation scénique de Le Orme sur l’un de leurs plus grands classiques, « Felona e Sorona ». Autant le dire d’emblée : le reste du concert est à l’avenant.

Le luxueux digipack est constitué de deux CD et d’un DVD ainsi que d’un livret fort bienvenu proposant photos et textes des chansons. Le contenu des disques est cependant un tantinet moins luxueux. La présentation et le menu sont minimalistes, peu de matériel supplémentaire vient agrémenter le DVD : un documentaire du périple vers Bethlehem, Pennsylvanie, d’une poignée de minutes et une galerie de photos. Le féru de technologies sonores nouvelles devra quant à lui se contenter de la stéréo. Côté production, on ne manquera pas de relever de nombreuses similitudes dans les plans ou les couleurs avec IQ Stage, filmé lors du même festival. Mais finalement, peu importe, et place à la musique ! La frugalité du menu ne doit pas faire oublier le concert, modèle de sobriété et de classe, trace scénique indispensable à tout amateur de Le Orme.

Le groupe a tiré de son répertoire quelques-unes de ses perles parues au début des années soixante-dix (Collage, Uomo di pezza, Felona e Sorona) et les as remises au goût du jour. Puis c’est un bond, directement en 2004, avec l’album L’infinito ! Un voile pudique est donc posé sur le reste de leur importante discographie, de qualité très variable il est vrai dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix. Si le jeu de scène du quatuor reste minimal – les musiciens ne changent de place que pour changer d’instrument – l’interprétation appelle au recueillement quasi-religieux. Retenue et préciosité sont les maîtres mots de ce show.

La question ne se posera pas : cette heure et demie de concert se doit d’être en possession de tout amateur de progressif symphonique italien et a fortiori de tout fan de l’un des groupes les plus significatifs, aux côté de Banco et de PFM, d’un genre et d’une époque pour ainsi dire révolue.