Within Temptation - Black Symphony (DVD)

31/10/2008

Par Jean-Philippe Haas

Label: Sony Music

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« Démesuré ». C’est le premier adjectif qui vient à l’esprit lorsqu’on découvre ce Black Symphony, la déjà troisième trace vidéographique des exploits scéniques de Within Temptation. Un concert filmé, un second en audio, des clips vidéo, des documentaires, des coulisses… près de six heures de matériel viennent remplir à ras bord les deux DVD de ce coffret qui pourtant ne paie pas de mine. C’est un euphémisme, les Bataves ne se moquent pas de leurs fans.

Sony/BMG a sorti les grands moyens pour produire ce Black Symphony. Car il ne s’agit pas d’une production petit bras avec trois choristes, un quatuor de chambre et des fumigènes. Le groupe et sa maison de disques ont vu grand. Filmé en haute définition, le concert dispose d’une qualité d’image qui ne souffre d’aucun défaut. Les caméras sont innombrables, la mise en image nerveuse, tout en restant fluide, et confortable pour le spectateur. Et pour bichonner les oreilles des maniaques du son, plusieurs formats sont proposés : le Dolby Digital stéréo et 5.1 ainsi que le format DTS Surround 24/96.

Dès l’ouverture, le spectacle prend des allures de bande originale de film fantastique. Ambiance moyenâgeuse, musique grandiloquente, l’orchestre et les chœurs donnent le ton. Within Temptation joue ainsi à fond l’image gothique que les medias leur ont collée dès le début de leur carrière, jusque dans les menus des DVD… même si le groupe s’en défend en entretien ! Sharon Den Adel entre sur scène vêtue d’une robe exubérante rouge et noire qui s’effeuille petit à petit pour le plus grand plaisir des fans. Tout au long du concert, la ravissante vocaliste exposera d’ailleurs une garde-robe fournie.

Pour un tel événement, il était nécessaire de balayer judicieusement toute la carrière de Within Temptation. Le dernier album, The Heart of Everything, tire son épingle du jeu puisque seul « Final Destination » a été écarté tandis que Enter n’est représenté que par « Restless », sur le concert bonus. Dans l’ensemble, ces choix de titres et leur agencement aboutissent à un show admirablement équilibré, aux nombreux moments forts, notamment lorsque les invités se joignent à Sharon. Le duo avec sa compatriote Anneke van Giersbergen (ex-The Gathering) sur un titre tout en retenue comme « Somewhere » est à consigner dans les grands instants du concert, au même titre que les passages plus métalliques où le growl s’invite pour le plus grand plaisir de la frange la plus extrême du public ! Le final grandiloquent « Ice Queen » verra la foule se faire arroser de quelques tonnes de confettis dans un déluge de lumière. Quelques salutations encore dans un tonnerre d’applaudissements et c’en est fini de cette soirée que l’assistance n’oubliera vraisemblablement pas de sitôt.

Parmi la cohorte de bonus, les plus intéressants sont, comme souvent, les documentaires sur la vie du groupe, car ils permettent de découvrir ces membres dans des situations aussi ordinaires qu’extraordinaires. Images de la tournée, entretiens, genèse de l’album, tout y passe. Et pour ceux qui considèrent que le néerlandais est la langue la moins mélodieuse de l’univers, il y a les sous-titres en anglais qui permettent de faire abstraction des sons disgracieux qui sortent de la jolie bouche de Sharon et de son groupe. Un petit livret de photographies vient compléter, s’il était encore besoin, le contenu du digipak.

Pas une once de remplissage ne vient ternir la qualité générale de ce double DVD qui nécessitera de nombreux visionnages pour être complètement digéré. En tant que vétéran de la scène metal symphonique à voix féminine, Within Temptation reprend avec Black Symphony des rênes un temps égarés et risque fort de faire de nouveaux adeptes.